Une rencontre hautement symbolique et stratégique a eu lieu samedi 19 avril. Celle entre J. D. Vance et le cardinal Parolin. Le vice-président des Etats-Unis s’est entretenu pendant plus d’une heure avec le secrétaire d’Etat du Saint-Siège et numéro deux du Vatican, comme le relatait le journal Le Monde. Selon un communiqué, lors de cet entretien, qui a été qualifié de «cordial» par le Vatican, les deux hommes ont évoqué «la situation internationale, en particulier dans les pays marqués par la guerre, les tensions politiques et des situations humanitaires difficiles, avec une attention particulière portée aux migrants, aux réfugiés, aux prisonniers».

Si cette entrevue avait pour objectif d’apaiser les tensions entre Washington et le Vatican, en rappelant l’unité de l’Église, elle visait aussi pour l’administration Trump à peser de tout son poids dans le choix du successeur du pape François, comme le soulignent nos confrères. Immigration, guerre dans la bande de Gaza, aide humanitaire internationale… Les sujets de désaccord entre les Etats-Unis et le Saint-Siège sont nombreux.

«Effacer l’action du pape François»

Mais plus profondément, s’opposent surtout deux idéologies opposées du catholicisme : avec d’un côté, une vision identitaire et radicale prônée par J. D. Vance, et de l’autre, celle du pape François défendant une approche plus compassionnelle et ouverte. Bien avant la disparition du souverain pontife, survenue ce lundi 21 avril, divers groupes influents ultraconservateurs américains multiplient les actions pour tenter de peser sur le conclave chargé de désigner le prochain pape.

En septembre 2023, avant une grande assemblée voulue par le pape pour réfléchir à l’avenir de l’Eglise, neuf cardinaux asiatiques avaient été conviés à Prague par l’institut Austin pour l’étude de la famille et de la culture, rappelle notamment Le Monde. Avec au programme : défense de la famille traditionnelle ou lutte contre l’«idéologie du genre». «Vance et les organisations conservatrices sont dans un jeu de long terme visant à effacer l’action du pape François», explique auprès de nos confrères Massimo Faggioli, historien de l’Eglise et spécialiste du Vatican à l’université Villanova, en Pennsylvanie. «Ils ont, par exemple, investi dans les universités pontificales, qui dépendent de plus en plus de l’argent américain. François représente, pour eux, le dernier souffle du XXᵉ siècle. A eux le XXIᵉ», affirme-t-il.