Sur Weibo, la plateforme chinoise populaire des réseaux sociaux, des centaines d'utilisateurs ont fait part de leur désarroi et ont posté des "lettres de confession" la semaine dernière. "J'ai été plongé dans un état de détresse mentale terrible à cause du stress lié aux récentes mesures de prévention de la pandémie. J'ai perdu mon sang-froid et j'ai eu des paroles déplacées dans un chat de groupe avec six personnes", écrit un internaute. "J'ai pris conscience de mon erreur. J'espère que Tencent [géant chinoise de la technologie, NDLR] pourra m'accorder une seconde chance pour repartir sur de bonnes bases. Je ne laisserai tomber ni le parti ni le pays". Ce message était accompagné d'un hashtag spécial à destination du "service client de Tencent".

Les posts de ce type, qui sont apparus en masse ce jeudi 13 octobre, varient quelque peu mais ils relaient tous le même message : Des appels à l'aide d'utilisateurs ayant été bannis de l'application incontournable WeChat, propriété de Tencent. Ils supplient les représentants de l'entreprise de rétablir leurs comptes sur ce service qui est devenu indispensable et omniprésent dans de nombreux aspects du quotidien des Chinois. Ces posts ont fait leur apparition après que WeChat ait banni un grand nombre d'utilisateurs. Ces derniers pensent que la raison derrière cette sanction réside dans le fait qu'ils aient échangé au sujet d'une des rares manifestations politiques qui s'est tenue à Pékin.

Toute cette histoire a commencé dans l'après-midi du 13 octobre, deux jours avant le très médiatisé 20eme Congrès du Parti communiste, lorsque l'un des manifestants a accroché sur un pont de la capitale des banderoles appelant à supprimer les mesures liées à la pandémie et à instaurer des réformes démocratiques dans le pays. "Dites non aux tests Covid, oui à la nourriture. Non aux confinements, oui à la liberté", pouvait-on lire sur l'une des banderoles. "Faites la grève, faites tomber le dictateur et traître national qu'est Xi Jinping", était inscrit sur une autre.

Le fait que cet acte se produise juste avant le Congrès du parti - et que le manifestant mentionne le nom du président chinois devant remporter un troisième mandat historique lors de la réunion - a entraîné une forte censure sur les réseaux sociaux chinois.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement