
Un chiffre en nette augmentation. Les caisses d'allocations familiales ont détecté 450 millions d’euros de fraudes en 2024, soit 20 % de plus en l’espace d’un an. C’est ce qu’a révélé le patron de la Cnaf, Nicolas Grivel, dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche. Un record obtenu en raison des 30 millions de contrôles effectués via le croisement de fichiers avec les autres administrations, comme France Travail ou le fisc, d’après la Caisse nationale des allocations familiales.
Ce chiffre est également le résultat du travail d’enquêteurs dédiés, des gendarmes et d'ingénieurs notamment. Ces derniers travaillaient conjointement avec les parquets et la justice afin d’empêcher toute fraude. Cette hausse de 20 % par rapport à l'année précédente, «qui était déjà record», «ne signifie pas que les allocataires fraudent plus qu'avant, mais que nous avons amélioré notre capacité de contrôle», confirme Nicolas Grivel. La fraude sociale estimée «ne dépasse pas 3 % des montants versés par les Caf», dont les prestations représentent chaque année «environ 100 milliards», certifie le directeur.
La fraude traditionnelle est individuelle
Nicolas Grivel affirme que la fraude traditionnelle s’effectue individuellement, c’est-à-dire «un allocataire qui occulte certaines informations pour obtenir une prestation plus élevée, qui ne déclare pas la totalité de ses ressources ou encore qui ne mentionne pas qu'il est en couple». Certains sont, par ailleurs, les auteurs de «fraude à la résidence». «Alors que pour bénéficier de prestations, il faut vivre sur le territoire pendant au moins neuf mois par an, certains ne disent pas qu'ils sont à l’étranger», précise-t-il.
Néanmoins, la fraude organisée est également en hausse, par l’intermédiaire de «réseaux qui vont bien au-delà des seuls individus» et dont les «allocataires peuvent être les premières victimes», comme des microentrepreneurs européens qui vont déclarer des travaux qui n'existent pas.


















