C’est une première historique en France qui pourrait faire jurisprudence. Car si les fraudes au compteur Linky sont de plus en plus répandues ces derniers mois, Enedis a pris des mesures afin de remonter aux aigrefins. Cela a débouché sur plusieurs arrestations et sur la découverte de réseaux ou de véritables tutoriels pour nuire au gestionnaire du réseau d'électricité. Ainsi, comme l’a appris ICI Lorraine fin avril, un homme vient non seulement d’être condamné pour escroquerie, mais surtout à de la prison ferme.

Pourquoi ? Parce qu’en plus de son escroquerie caractérisée au préjudice d’Enedis, l’homme prodiguait des conseils sur les réseaux sociaux pour trafiquer les compteurs électriques. Il a donc été condamné pour «complicité d'escroquerie à la consommation d'électricité» et a écopé de neuf mois de prison ferme, à la grande satisfaction d’Enedis qui a salué «un signal judiciaire fort». Auprès de nos confrères, le directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d'Enedis, Hervé Luthringer, a tenu à rappeler en marge de cette condamnation qu’il s’agissait d’«électricité volée».

Du vol et un danger pour ceux qui trafiquent les compteurs

D’après Hervé Luthringer, c’est également «un manque à gagner» et «un danger électrique pour ceux qui utilisent ces dispositifs» puisque les risques d’électrocution et d’incendie sont nombreux. «Il y a une question d'équité, car les gens qui se permettent de faire ça ne paient plus leur électricité, mais il faut bien que quelqu'un paie, et ça, c'est reporté sur la collectivité», a tancé le directeur référent Grand Est d’Enedis, soulignant que «chaque consommateur qui paye sa facture finit par payer pour ceux qui ne le font pas».

Depuis quand Enedis fait-il face à ce genre de «fléau» ? Au moins cinq ans, avec «plus de 100 000 suspicions de fraude», selon Hervé Luthringer, qui a fait un comparatif criant : «C’est comme si un habitant de Meurthe-et-Moselle sur deux ne payait pas sa facture d'électricité.» Si 40 000 contrôles ont eu lieu l’année dernière, cette année, 60 000 ont déjà été opérés. En juillet dernier, Enedis alertait déjà : parmi ses 35 millions de clients, au moins 100 000 trafiqueraient leur compteur.

Attention en cas de contrôles et suspicion de fraude, car cela peut vous mener au tribunal. Capital vous racontait le cas d’un agriculteur soupçonné d’avoir arnaqué Enedis pendant deux ans. Il avait alors écopé de 1 000 euros d’amende avec sursis. Dernièrement, des restaurateurs ont également été pris la main dans le sac pour des dérivations illégales destinées à contourner les compteurs électriques. Selon la loi, les sanctions peuvent être lourdes : jusqu’à 75 000 euros d’amende pour vol d’énergie, 375 000 euros pour escroquerie et même jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.