
C’est un coup de tonnerre dans le monde du e-commerce. Comme nous vous le révélions en avril dernier, Rakuten étudie la vente, voire la fermeture de sa marketplace en France. Alors que l’information a depuis été confirmée, le site de vente en ligne, anciennement PriceMinister, cherche désormais activement un repreneur. Faute de quoi, la fermeture de l’activité sera actée à compter du troisième trimestre 2026. «La reprise des activités par un acquéreur est privilégiée, dans la continuité des investissements et innovations menés ces dernières années pour soutenir le développement de la marketplace en France», a fait savoir le site.
Créé au Japon en 1997, ce géant du e-commerce s’était très vite caractérisé par sa dimension généraliste en proposant à la vente de l’électroménager, des jouets, des vêtements ou encore du mobilier. Racheté pour 200 millions d’euros par PriceMinister en 2010, Rakuten était à l’époque le site de e-commerce français le plus populaire avec près de 11 millions de visiteurs chaque mois, dépassant largement Amazon et ses 9 millions de visiteurs Français. Pourtant, l’activité a par la suite dû faire face à une perte d’activité chronique avec la concurrence du site de Jeff Bezos et de Vinted, de même qu’après l’arrivée de plateformes de fast-fashion comme Shein ou Temu. Selon ses chiffres, le trafic de la plateforme a chuté de 42% en dix ans tandis que son nombre de clients a baissé de 33%.
Pas de conséquences immédiates pour les clients
Pour autant, une question se pose à présent : que va-t-il se passer pour les consommateurs qui ont déjà passé commande sur le site ou qui s’apprêtent à le faire prochainement ? «Nous sommes encore trop tôt dans la procédure. Il n’y aura donc pas d’évolution ni de conséquences directes pour les clients tant qu’il n’y aura pas de décision», a fait savoir Rakuten ce mardi 5 mai auprès de RMC Conso.
Si certains clients pourraient également s’alarmer de ce qui va advenir de la garantie légale de leurs achats, selon Me Antoine Chéron, avocat spécialisé en droit du numérique, ces derniers ne seront pas impactés immédiatement par une possible fermeture de Rakuten. «La garantie légale de conformité s’applique à tous les contrats conclus entre un acheteur non professionnel et un vendeur professionnel. Cela signifie que le vendeur est tenu de délivrer un bien conforme au contrat et de répondre des défauts de conformité existant au moment de la délivrance», explique-t-il. Alors que dans le cas d’une marketplace, la plateforme agit comme intermédiaire entre un client et un vendeur tiers, «c’est bien le vendeur tiers qui reste le principal responsable vis-à-vis de l’acheteur», poursuit Me Antoine Chéron.
Des démarches plus compliquées en cas de fermeture définitive
La donne pourrait néanmoins changer en cas de fermeture définitive de Rakuten. En effet, en cas d’absence de repreneur, la fermeture de la plateforme n’éteindra pas pour autant les droits des consommateurs qui avaient déjà passé commande. Les réclamations pourront donc continuer d’être faites via le circuit interne tant que les outils de gestion de compte et le service client demeurent accessibles. En revanche, si ces outils cessent d’exister à la fermeture, les droits des clients continuent bel et bien d’éviter, mais «leur mise en oeuvre deviendra plus complexe et moins fluide, notamment si le vendeur est difficile à identifier ou introuvable», prévient Me Antoine Chéron.
Ainsi, et dans ce contexte assez incertain, il est donc conseillé de garder précieusement un maximum de preuves comme la confirmation de votre commande, des coordonnées contractuelles ou des captures d’écran pour pouvoir vous retourner contre le bon interlocuteur en cas de problème futur.



















