«Un autre navire de guerre retiré du service en toute discrétion.» Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un navire français. Mais c’est bel et bien le titre d’un article du site britannique spécialisé Navy Lookout, repéré par BFM. Nos confrères britanniques évoquent en effet le HMS Iron Duke, la frégate de type 23 de la Royal Navy. Mise en service en 1991 et armée deux ans plus tard, elle a notamment accompagné la visite du roi Charles III en septembre 2023. Une sortie faisant suite à une complète rénovation opérée entre 2020 et 2023 pour 103 millions de livres, peut-on lire.

Si aucune annonce officielle n’a été faite concernant ce retrait, ce serait bien le cas, affirme Navy Lookout, ce qui soulève des questions trois ans seulement après sa remise en état, mais aussi quant à la capacité de la Royal Navy à maintenir sa flotte de surface. Car à ce jour, la Royal Navy ne disposerait plus que de cinq frégates de type 23. D’autant plus incompréhensible, notent nos confrères, que cette rénovation devait permettre au HMS Iron Duke de reprendre du service pour au moins cinq ans supplémentaires.

16 mois de remise en service

Sa principale mission après rénovation ? Surveiller les navires russes dans la Manche. Mais selon le média spécialisé, la frégate n’a jamais effectué de déploiement majeur à l’étranger sauf pour quelques semaines dans la mer Baltique. La frégate aurait donc été utilisée au moins 16 mois, ce qui, si on rapporte cela à sa valeur, aurait coûté plus de 6,4 millions de livres. Des éléments laissaient déjà entendre fin 2025 que la frégate était vouée à être retirée du service, notamment quand le ministère de la Défense britannique avait confirmé que l’Iron Duke ne serait pas équipé d’un sonar à antenne remorquée.

Cela était pourtant prévu dans les plans initiaux, et dans le même temps, le ministre de la Défense avait refusé de donner une date de fin de service. A l’origine, elle devait pourtant reprendre la mer en mars 2026 et elle avait même conservé une grande partie de son héritage en début d’année. Seront-ils déployés ailleurs ? Vraisemblablement dans le HMS Kent, qui elle aussi, ressort d’une rénovation cette année. Cela pose un problème à la Royal Navy car les autres frégates sont affectées à des missions de surveillance, rappelle BFM. Or, cela pourrait rendre le pays dépendant de ses alliés.

Des frégates commandées pas prévues… avant 2028

A ce jour, le HMS Iron Duke figurerait parmi les navires «en réserve», mais très généralement, ceux-ci se dégradent rapidement. Rien de rassurant donc pour le Royaume-Uni alors que le HMS Portland est resté amarré de façon imprévue une grande partie de l’année dernière. Or, comme les frégates de type 23 sont poussées bien au-delà de leur durée de vie prévue, de nombreux défauts apparaissent. Au début du conflit au Moyen-Orient, le destroyer HMS Dragon est arrivé très tardivement sur place, provoquant une énorme polémique dans le pays. S’il y a 13 frégates en construction ou en commande, elles ne seront pas livrées avant 2027, avec une capacité opérationnelle qui prendra plus de temps. En dehors du gaspillage financier, déplore Navy Lookout, c’est surtout un manque d’anticipation, témoin du déclin opérationnel de la Royal Navy.