Le ministre du Travail veut faire des économies sur les allocations chômage et les prestations sociales en luttant contre la fraude. Dans un entretien publié dimanche par le JDD, Jean-Pierre Farandou a assuré être «favorable» à la suspension de ces aides en cas de «suspicion sérieuse de fraude, c’est-à-dire avec des éléments probants». Cela pourrait bien passer par l’examen, par France Travail, des relevés téléphoniques des allocataires. Ces derniers permettraient de savoir si la personne qui reçoit l’allocation chômage réside bien en France, ou non.

Cette mesure fait partie du projet de loi contre la fraude sociale et fiscale, adopté en novembre au Sénat. Il sera examiné à l’Assemblée nationale du 24 au 27 février. Celui-ci contient aussi des mesures visant à lutter contre la fraude des pensions de retraite qui «continuent d’être versée à quelqu’un qui est décédé». Les autorités consulaires devaient «plusieurs fois par an, organiser des rendez-vous en présentiel pour s’assurer que les allocataires sont toujours en vie».

Plusieurs milliards d’euros d’économies

Le ministre souhaite également être favorable au plan de lutte contre la fraude aux cotisations des entreprises. Il est tout de même contre l’accès des enquêteurs aux listings des compagnies aériennes. Une mesure adoptée au Sénat mais qui ne sera pas présentée par le gouvernement aux députés. Ce projet de loi devrait permettre de faire plusieurs milliards d’euros d’économies. Jean-Pierre Farandou espère «rattraper jusqu’à trois milliards d’euros, et peut-être un milliard d’euros dès cette année».