
Jean-Pierre Farandou veut serrer la vis. Le ministre du Travail a annoncé être «favorable» à ce que des allocations chômage ou des prestations sociales puissent être suspendues en cas de «suspicion sérieuse de fraude», dans un entretien accordé au JDD, ce dimanche 8 février. «Je suis favorable, pour ma part, à ce que l’on prenne des mesures conservatoires en cas de suspicion sérieuse de fraude, c’est-à-dire avec des éléments probants» entraînant une «suspension des allocations, le temps de l’enquête», explique-t-il.
En novembre dernier, le Sénat a adopté un projet de loi contre la fraude sociale et fiscale. Celui-ci instaure des moyens de détection des fraudes ainsi que des sanctions et obligations renforcées pour les entreprises et les bénéficiaires d’allocations. Ce texte va être examiné par les députés à la fin du mois de février. Ainsi, il permettrait notamment à France Travail de détecter le lieu de résidence des fraudeurs grâce aux relevés téléphoniques.
La fraude sociale évaluée à 14 milliards d’euros en 2025
Le ministre veut notamment mettre un terme aux pensions de retraite qui «continuent d’être versées à quelqu’un qui est décédé». «Nos autorités consulaires devront, plusieurs fois par an, organiser des rendez-vous en présentiel pour s’assurer que les allocataires sont toujours en vie», a-t-il énoncé. Jean-Pierre Farandou souhaite aussi stopper la fraude visant à percevoir des indemnités chômage tout en résidant à l’étranger.
Un rapport publié par le Haut Conseil du financement de la protection sociale en janvier a évalué la fraude sociale à 14 milliards d’euros en 2025. Dans le détail, plus de la moitié sont liés au travail dissimulé (52 %), 12 % aux professionnels de santé et 36 % aux assurés sociaux. Le ministre du Travail compte «à terme rattraper jusqu’à trois milliards d’euros, et peut-être un milliard d’euros dès cette année».


















