
Le 1er juillet, de très nombreux magasins Ikea ont vu une partie de leurs équipes cesser le travail. A l'appel de la CFDT, de la CGT et de FO, les salariés protestent contre le résultat des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui n'ont abouti à «aucune augmentation collective» dénonce l'intersyndicale. A Thillois, près de Reims, une trentaine de grévistes ont manifesté. «C’est la première fois en 15 ans qu’on nous propose une augmentation collective à 0 %», déplore Mathieu Caramelle, délégué syndical CFDT, auprès de France 3 Grand Est.
Les syndicats dénoncent une stratégie de division, la direction privilégiant désormais des hausses individuelles. «Ça n’est pas dans nos valeurs. Là, la direction essaye de détricoter le collectif», poursuit le représentant syndical. Même son de cloche à Saint-Martin-d’Hères, où 90 % du personnel s'est mis en grève selon FO. «Un salarié chez Ikea est plus pauvre qu’il y a 3 ans» tranche Aurélie Santiago, déléguée syndicale FO, citée par Le Dauphiné.
Des profits records… mais des hausses de salaire individuelles
La revendication principale reste la même dans toute la France : rouvrir les négociations sur une hausse collective des salaires et discuter d'une prime pouvoir d'achat. Les grévistes rappellent que la filiale française d’Ikea prévoit 3,6 milliards d'euros de chiffre d’affaires cette année, pour plus de 400 millions de profits. «Se mettre 400 millions dans la poche sans rien reverser aux salariés, ce n’est pas acceptable», estime Adrien Muron, cariste et représentant CGT. Les syndicats préviennent : si la direction persiste à «faire la sourde oreille», la mobilisation pourrait s'intensifier dans les semaines à venir. Le préavis de grève court jusqu’à la fin de l’été.

















