
Donald Trump durcit sa position face à la Russie. Le président américain a lancé un nouvel ultimatum : si aucun cessez-le-feu n’est signé avec l’Ukraine d’ici le 8 août, de nouvelles sanctions seront imposées. Vendredi soir, en réponse à une déclaration hostile de l’ancien président russe, Dmitri Medvedev, Donald Trump a aussi annoncé le déploiement de deux sous-marins nucléaires près de la Russie. De son côté, le Kremlin se montre inflexible et affirme avoir «développé une immunité» face aux sanctions.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, les Etats-Unis ont déjà ciblé plus de 6 200 entités russes, notamment dans les secteurs bancaires et technologiques, rappelle le journal Les Echos. Pourtant, ces mesures peinent à enrayer les capacités d’approvisionnement militaire de Moscou. Une enquête récente du New York Times révèle que plus de 130 entreprises, notamment basées en Chine et à Hong Kong, fournissent à la Russie des composants électroniques interdits. En outre, Washington a gelé 5 milliards de dollars d’avoirs de la Banque centrale russe, et sanctionné ses principales banques.
L’énergie, talon d’Achille de la Russie
Mais certaines institutions financières secondaires échappent encore aux restrictions. Par ailleurs, une faille majeure subsiste : les transactions liées à l’énergie restent largement épargnées. Le secteur des hydrocarbures représente un levier majeur de pression, puisque plus d’un tiers des revenus du Kremlin en dépend. Si les Etats-Unis ont interdit leurs propres importations dès mars 2022, cela n’a eu qu’un impact limité : les échanges commerciaux entre les deux pays ne dépassent plus 4 milliards de dollars par an.
L’administration Trump envisage donc une nouvelle approche : taxer lourdement les clients de la Russie. Une proposition de loi bipartisane vise à imposer des droits de douane pouvant atteindre 500% sur les achats d’énergie russe, avec l’objectif de forcer la Chine et l’Inde à revoir leurs relations commerciales avec Moscou. Donald Trump a de son côté évoqué une taxe à 100% et prévoit dès le 7 août une «pénalité» sur les importations pétrolières indiennes.
Vers des sanctions plus ciblées ?
Des voix plaident désormais pour des mesures plus ciblées. Le think tank CREA recommande notamment de frapper les infrastructures étrangères qui facilitent les exportations russes, comme certaines raffineries en Inde ou en Turquie. L’Union européenne a déjà emboîté le pas : dans son dernier train de sanctions du 18 juillet, elle a ciblé une raffinerie indienne et abaissé le prix plafond du pétrole russe maritime.
Les Etats-Unis, initialement opposés à cette baisse, pourraient revoir leur position. Une telle décision permettrait aussi de renforcer la lutte contre la «flotte fantôme» : des centaines de navires sous pavillon étranger, utilisés par la Russie pour contourner les sanctions et continuer à vendre son pétrole en contournant les plafonds de prix. Malgré les efforts européens et américains, ces tankers continuent d’alimenter les revenus de guerre du Kremlin.


















