Un nouvel avertissement venu de Moscou ? La Russie pourrait reprendre les tests de son missile de croisière à propulsion nucléaire, le 9M730 Burevestnik, affirment plusieurs observateurs. Surnommé le «Tchernobyl volant», cette arme redoutable, dévoilée par Vladimir Poutine en 2018, serait capable d’une portée quasi illimitée grâce à sa propulsion nucléaire, rapporte Le Parisien. Selon le journal en ligne norvégien Barents Observer, plusieurs indices suggèrent des préparatifs en cours.

Les autorités russes ont récemment émis un Notam («Notice To Airmen», c’est-à-dire «messages aux navigants aériens») interdisant un espace aérien majeur près de l’archipel de Nouvelle-Zemble, zone traditionnellement réservée aux essais de grande envergure. Parallèlement, des navires de soutien ont été repositionnés en mer de Barents, tandis que plusieurs cargos ont acheminé du matériel en Nouvelle‑Zemble, signe d’opérations logistiques. Ces indices sont corroborés par des données satellites et des mouvements coordonnés des équipements, qui correspondent aux procédures classiques pour une mise à l’essai.

Des tests qui ravivent les inquiétudes radioactives

Deux avions de surveillance appartenant à Rosatom (société russe chargée de l’énergie nucléaire) ont aussi été repérés dans la région, ce qui renforce l’hypothèse de tests imminents. Cette perspective inquiète, notamment en raison des risques radioactifs. En 2019, une tentative s’était soldée par une explosion, causant la mort de plusieurs experts et une hausse de la radioactivité à Severodvinsk.

Malgré 13 essais infructueux entre 2017 et 2019, le Kremlin affirme que des tests plus récents ont confirmé les capacités du missile. Si le Burevestnik devenait pleinement opérationnel, il pourrait bouleverser les équilibres nucléaires actuels, en contournant les systèmes de défense traditionnels.