Est-ce un nouveau succès pour l’armée ukrainienne ? Après la réussite de son opération «Toile d’araignée», menée le 1er juin par des drones sur plusieurs bases russes, Kiev a poursuivi son offensive de déstabilisation, d’abord en s’en prenant au lanceur Iskander, puis en annonçant avoir détruit un chasseur russe Sukhoï Su-35 au-dessus de la région russe de Koursk. Lors de l’attaque du 1er juin, l’Ukraine a également revendiqué la destruction de plusieurs appareils russes, comme des Tu-95 et Tu-22 ainsi que deux avions de surveillance A-50.

Mais, visiblement, les troupes de Volodymyr Zelensky ne veulent pas s’arrêter là. Comme l’a appris Le Parisien, Kiev aurait mené une attaque sur l’aérodrome russe de Savasleyka, dimanche 8 juin. Dans un communiqué publié par l’état-major ukrainien, «deux unités d’aéronefs ennemis ont été touchées», peut-on lire. Lors de cette attaque menée à plus de 600 kilomètres du front, l’Ukraine prétend avoir touché un MiG-31K. Mais qu’est-ce que cet avion ayant une «grande valeur» aux yeux des spécialistes ?

Un missile avec une portée de 1 000 à 2 000 kilomètres

Le Mikoyan-Gourevitch 31 ou MiG-31 a volé pour la première fois en 1975 et a été mis en service au début des années 1980. D’une valeur de plus de 40 millions d’euros, il est équipé d’un radar à capacité «look-down shoot-down» (détection et tir sur des cibles volant à une altitude inférieure). Le radar Zaslon confère au MiG-31 «Foxhound» d’ailleurs une meilleure connaissance de la situation en cours par rapport aux autres avions de combat et il peut tirer des missiles air-air Vympel R-37M à des centaines de kilomètres.

L’avion qu’aurait endommagé Kiev, un MiG-31K, serait une version simplifiée du «Foxhound». Toutefois, selon Le Parisien, il est équipé de missiles balistiques hypersoniques Kinjal et reste assez rare puisque la Russie n’en disposait que de 24 unités au début de la guerre. Ce missile Kinjal, très maniable et difficilement détectable, peut aller à vitesse Mach 10. Il a une portée de 1 000 à 2 000 kilomètres. Selon nos confrères, des missiles ont été envoyés depuis cette base de Savasleyka (Nijni Novgorod) sur la ville de Mykolaïv (sud de l’Ukraine).

Un Su-30 aurait aussi été touché

Quoi qu’il en soit, si cet avion a été touché, ce serait une «perte lourde» pour la Russie, indique le site spécialisé Défense Express, d’autant que dans le même temps, un Su-30 aurait également été endommagé. Il s’agit donc d’un nouvel épisode dans la guerre stratégique que se livrent les deux pays, où l’Ukraine tente de s’en prendre aux capacités militaires de son ennemi. Kiev s’est également lancé dans le domaine de la cyberguerre en s’attaquant il y a quelques jours au géant russe Tupolev. Le début d’une autre forme de conflit ?