La Russie a remis un coup d’accélérateur dans son conflit l’opposant à l’Ukraine. Lundi 1er juin, Moscou a frappé Kiev ainsi que d’autres villes du pays avec de nombreux missiles balistiques ainsi que 600 drones, tuant une vingtaine de personnes et faisant des dizaines de blessés. La Russie a d’ailleurs à cette occasion battu un record en une nuit en lançant 33 missiles balistiques Iskander-M, huit missiles Zircon, 27 missiles de croisière Kh-101 et cinq missiles Kalibr. A titre de comparaison, son record mensuel datait de janvier 2026 avec 91 missiles balistiques lancés.

Et pour l’Ukraine, certains missiles sont beaucoup plus compliqués à intercepter que d’autres. C’est le cas des missiles Zircon. Pourquoi ? Car comme le rappelle L’Indépendant, à l’origine, le 3M22 Zircon a été mis au point pour détruire les navires de surface. Mais désormais, il est utilisé pour frapper des cibles terrestres et ses caractéristiques le rendent très compliqué à intercepter. Pesant entre 300 et 400 kg selon les données collectées par le site RBC-Ukraine, il mesure une dizaine de mètres de long.

Des tirs jusqu’à 1 500 km, vitesse Mach 7,5…

Construit sur deux étages, il est propulsé par un propergol solide et par un statoréacteur. Surtout, il peut atteindre la vitesse 7,5 Mach (environ 9 200 km/h), peut tirer jusqu’à 1 500 kilomètres et voler à une altitude située entre 30 et 40 kilomètres. De quoi poser de sérieux problèmes à l’armée ukrainienne, car il va très vite et il atteint surtout sa cible très rapidement, entre trois et six minutes, selon nos confrères. Le fait qu’il soit lancé depuis des navires leur rend aussi la tâche compliquée, même si les bateaux sont souvent positionnés dans la région de Koursk.

Dernier élément incitant la Russie à l’utiliser énormément ces derniers temps : sa précision. Le missiles Zircon est interceptable, l’Ukraine l’a déjà fait, mais cela demande des moyens colossaux, à tel point que dans la nuit du 1er au 2 juin, aucun des huit lancés n’a pu être intercepté. Pour cela, Kiev doit pouvoir compter sur les missiles intercepteurs antibalistiques pour Patriot, mais ils font défaut actuellement. D’autant que les Etats-Unis ne semblent plus en mesure d’aider l’Ukraine sur ce point.

L’Ukraine travaille sur son propre intercepteur de missiles balistiques

Invité à réagir sur le sujet, l’analyste au Centre ukrainien pour la sécurité et la coopération, Anton Zemlyany, a laissé entendre que si son pays avait bénéficié d’un «nombre suffisant» de systèmes Patriot, «nous aurions réussi à relever ce défi avec les Zircons». Pour faire face à ce problème, l’Ukraine vient de tester avec succès le missile hypersonique FP-7.X, a appris Le Parisien. Il s’agit de son premier intercepteur de missiles balistiques qui doit lui permettre de réduire sa dépendance au Patriot américain et de bénéficier d’un système moins coûteux.