
Près d’une semaine après la disparition de la petite Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, les choses s’accélèrent. Un corps a été retrouvé non loin des lieux de sa disparition jeudi 4 juin. Si l’authentification formelle n’a pas été établie, le corps retrouvé était «porteur de vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition», a indiqué le procureur d’Agen. Mais depuis quelques jours, tous les regards étaient tournés vers le suspect principal, Jérôme B., 41 ans, qui a avoué avoir déposé la jeune collégienne à la piscine, mais a nié toute implication.
Or, le suspect, mis en examen pour enlèvement et séquestration, connaissait très bien la famille de Lyhanna et surtout avait déjà été visé par une plainte en 2022 pour viol sur mineure de moins de 15 ans à Béthune, rappelle La Voix du Nord. Elle avait été classée sans suite, alors qu’une autre plainte similaire, datant cette fois-ci d’août 2025, n’avait donné lieu à aucune audition de témoin. De nombreux témoins se sont également succédé depuis pour dénoncer les comportements inappropriés du quadragénaire, relançant le débat sur le rôle de la justice dans de telles affaires.
Moitié moins de magistrats que la moyenne européenne
Alors, la justice dispose-t-elle d’assez de moyens en France ? Selon les chiffres de Franceinfo, le budget de la justice par habitant en 2024 en France équivaut à 77,22 euros. C’est bien moins qu’en Espagne (96,80 euros), en Italie (100,60 euros), en Allemagne (136 euros) ou en Suisse (245 euros). Si l’on se penche sur le nombre de magistrats (toujours en 2024), là encore la France est à la traîne avec un peu plus de onze magistrats pour 100 000 habitants (11,3). C’est derrière l’Italie (12,2), la Belgique (14) et l’Allemagne (24,17) tandis que la moyenne européenne se situe à 21,9.
Comment expliquer cela ? Il y a évidemment des contraintes budgétaires. Celui de la Défense a, par exemple, augmenté ces derniers mois pour des raisons compréhensibles liées à la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient plus récemment. Mais plus globalement, le budget se restreint. Comme nous vous l’expliquions, Sébastien Lecornu a demandé six milliards d’économies, dont quatre dans le fonctionnement de l’Etat. Surtout, 3,2 milliards d’euros de crédits vont être gelés.
Le budget de la Justice en hausse, mais insuffisant
Parmi les secteurs les plus touchés, on retrouve la justice. Dans le prochain budget, le ministère de la Justice ne pourra pas bénéficier de 414 millions d’euros, dont 370 millions d’euros pour la seule administration pénitentiaire. Gérald Darmanin pourra-t-il limiter la casse ? Selon les informations de Francinfo, le ministre fait tout pour obtenir des arbitrages en sa faveur actuellement. Mais un constat est clair, résume le journaliste politique Antoine Comte : «Le budget est en constante évolution depuis 2017, quasiment sept milliards en 2017, aujourd'hui onze milliards, mais par rapport à nos voisins européens, on est très loin du compte.»




















