Faut-il payer pour se garer lorsqu’on se rend à l’hôpital ? Cette question, en apparence anodine, met en lumière une problématique de plus en plus soulevée par des élus de divers horizons politiques. Une tendance se confirme en effet dans de nombreux établissements publics de santé : les parkings deviennent payants, parfois à des tarifs jugés exorbitants. C’est ce qu’a vécu Anaïs, résidant en Normandie, lorsqu’elle a dû conduire en urgence son fils de deux ans à l’hôpital de Rouen, après un appel au Samu pour une occlusion intestinale.

«Quand je suis ressortie, surprise, je scanne mon ticket et je vois 22 euros», témoigne-t-elle auprès de Franceinfo. Pour seulement trois heures de stationnement, la facture est salée. Une situation en partie liée au fait que, comme de nombreux hôpitaux, celui de Rouen a confié la gestion de son parking à une entreprise privée. Les montants réclamés aux usagers varient d’un établissement à l’autre, mais ils peuvent rapidement atteindre des sommes conséquentes, alerte le député socialiste Stéphane Hablot.

Des millions d’euros… mais aucune transparence ?

Il cite notamment le cas d’un proche de patient atteint d’une maladie de longue durée, contraint de débourser jusqu’à 300 euros par mois pour venir lui rendre visite régulièrement. Pour l’élu, il devient indispensable d’encadrer les pratiques autour de ces concessions. «Faisant le tour des hôpitaux, je me suis rendu compte qu’il y avait des millions, un, deux, voire trois millions d’euros par an et l’argent n’est pas forcément reversé à l’hôpital, il n’y a pas de transparence», dénonce le député.

«Le privé, ce n’est pas un gros mot, mais ça devient un gros mot quand on ne régule pas les choses, quand on ne fait pas de cahier des charges et que l’on ne définit pas l’objectif du propriétaire, c’est-à-dire de l’hôpital, qui ne peut pas brader son foncier», poursuit-il.

Face à ce constat, plusieurs propositions de loi ont été déposées ces dernières semaines. Celle de La France insoumise réclame la gratuité complète du stationnement dans les hôpitaux. Le Rassemblement national a également déposé un texte, preuve que la question dépasse les clivages politiques et touche un large public.