
Une lettre à l’origine de nombreux bavardages. Un courrier en date du 6 avril 2024 et dévoilé ce dimanche lors de l’émission C dans l’air sur France 5, témoigne de l’inquiétude de Bruno Le Maire, alors ministre de l’Economie, face à la trajectoire des finances publiques françaises. L’en-tête, «Secret. Note pour le président de la République. Paris», démontre toute l’importance de cette lettre.
Dans ce courrier, le locataire de Bercy y demande l’adoption d’une loi de finances rectificative (LFR) et 15 milliards d’euros d’économies supplémentaires afin de réduire le déficit à 4,9 % pour 2024. «L’histoire s’est répétée en pire au début de cette année avec un trou de 50 milliards», a réagi Gilles Raveaud, maître de conférences en économie, sur BFM TV. «Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont créé une exception française en termes de dette puisqu’entre 2017 et 2024, le ratio dette publique sur PIB a augmenté de 14 points en France», déplore-t-il, en passant «de 99 % du PIB à 113 % ou 114 % l’année dernière».
Un différentiel avec les autres pays européens
Selon Gilles Raveaud, dans la moyenne de l’Union européenne dans laquelle les pays ont connu différentes crises au même titre que la France, «le ratio n’a pas augmenté d’un seul point». «Le président de la République et Bruno Le Maire nous laissent le pays dans une situation [économique] absolument catastrophique. Aujourd’hui, on a une lâcheté collective des partis dos gouvernement», déplore-t-il, avant de conclure : «Il y a un consensus assez rare chez les économistes pour dire qu’il faut baisser les retraites en France, c’est la seule façon de sortir de la situation dramatique dans laquelle nous ont laissé ces deux sinistres personnages».
Dans la lettre, Bruno Le Maire l’affirmait : «Nous ne pouvons pas continuer à nous singulariser par le niveau élevé de notre dépense et de nos prélèvements. L’enjeu est la crédibilité politique de la France en Europe. Une stratégie volontariste préservera notre crédibilité comme la qualité de nos résultats économiques». Celui qui est surnommé «l’homme aux mille milliards de dette» par les différentes oppositions appelait le chef d’Etat à ainsi mettre en place «une stratégie ambitieuse de contrôle de nos finances publiques».


















