Vendredi 6 mars, l’agence de notation Fitch doit annoncer si sa note de la France sera modifiée ou non, selon Europe 1. Aujourd’hui, la note du pays est A + et était précédemment fixée à AA. Rétrogradée en raison du «faible bilan» français concernant la réduction de la dette publique.

Pour rappel, Fitch avait été la première grande agence de notation à abaisser la note de la France en septembre 2025, pour ces raisons. Une décision prise pour caractériser également les difficultés du pays à respecter les règles européennes budgétaires. L’agence se souciait aussi de la «fragmentation et de la polarisation croissantes de la vie politique française». Toutefois, l’agence avait noté une économie «vaste et diversifiée» et convenait que le revenu par habitant, et les indicateurs de qualité de la gouvernance étaient tous deux «nettement supérieurs à la médiane des pays» notés en catégorie A.

Un statu quo probable selon les économistes

Avant de rendre publique sa notation, l’agence avait notamment indiqué que pour une amélioration, le pays aurait besoin d’une baisse durable du ratio de la dette publique rapportée au PIB. Un résultat qui serait dû à un assainissement budgétaire, ou à une croissance meilleure et plus soutenue que prévu. Mais aujourd’hui, toutes ces conditions ne semblent pas encore réunies. Même si la croissance de 2025 s’est révélée meilleure que prévu, de 0,9 % au lieu de 0,7 %, le budget 2026 demeure davantage un budget «de compromis» qu’un profond changement de trajectoire budgétaire. Le déficit sera quand même réduit, même si cette réduction est moins importante que prévu. Il devrait atteindre 5 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025.

Pour l’économiste Éric Dor, professeur à l’IESEG interrogé par l’AFP, la notation de Fitch restera probablement identique. «Je dirais à 75 % que Fitch va maintenir un statu quo, et à 25 % qu'elle pourrait abaisser la perspective de stable à négative», explique-t-il. Une estimation qui s’appuie notamment sur le faible écart de taux d’intérêt entre les dettes à dix ans allemande et française. Même diagnostic pour Anthony Morlet-Lavidalie, de l’institut économique Rexecode. D’après lui, il est peu probable que l’agence choisisse d’infliger davantage de tensions aux marchés en abaissant la note française dans le contexte international actuel. Les semaines suivantes, d’autres agences rendront également publiques leurs nouvelles notations printanières. L'agence Moody’s se prononcera le 10 avril, et S&P Global Ratings s’exprimera le 29 mai prochain.