
Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, est au cœur d’une polémique sur la sincérité de sa déclaration de patrimoine. Le Canard enchaîné affirme qu’il aurait largement sous-évalué plusieurs biens, notamment une maison dans le Morbihan à la Trinité-sur-Mer, et un appartement à Paris, avec des écarts notables entre les montants déclarés et les estimations supposées du marché. Éric Lombard aurait ainsi déclaré sa maison pour 600.000 euros, alors qu’elle avait été achetée 1.800.000 euros en 2004, avec plus d’un million d’euros de travaux.
Dans un communiqué publié dans la soirée du mardi 17 juin, le ministre dénonce des accusations « mensongères » et assure avoir répondu en toute transparence aux questions du journal. Il publie ses échanges avec la rédaction, affirmant que toutes les estimations ont été faites selon les règles de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Des écarts de valorisation contestés
Des agents immobiliers estiment aujourd’hui la valeur de cette maison située à la Trinité-sur-Mer entre 3.500.000 et 4.000.000 euros. Le ministre justifie cet écart par le fait qu’il ne possède que 50 % du bien et uniquement l’usufruit, conformément aux modalités imposées par la HATVP. Le journal évoque aussi un appartement parisien de 180 m², acquis pour 2.800.000 euros, mais déclaré pour une valeur vénale de 1.400.000 euros. Là encore, Bercy répond qu’Éric Lombard n’en détient que 50 %. Une erreur de surface, indiquant à tort une terrasse de 80 hectares au lieu de 80 m², a été signalée à la HATVP pour rectification.
Enfin, Le Canard enchaîné s’interroge sur les revenus d’Halmahera, société dirigée par l’épouse du ministre, qui détiendrait des participations générant 6.000.000 euros de dividendes. Le ministère précise qu’il s’agit d’une société d’investissement sans clients directs, dont les participations sont gérées par une entité indépendante. Éric Lombard, qui affirme avoir respecté ses obligations de transparence depuis son arrivée à la Caisse des Dépôts, puis au ministère, entend demander un droit de réponse à l’hebdomadaire.


















