Il y a des destins tout tracés, et certains plus heureux que d’autres. Lundi 23 décembre, Éric Lombard a été désigné futur ministre de l’Économie et des Finances dans le nouveau gouvernement de François Bayrou. Ancien conseiller technique au cabinet du porte-parole du gouvernement de Michel Rocard puis Responsable Fusions & acquisitions chez Paribas, il était directeur général de la Caisse des Dépôts depuis 2017. Même cité pour être potentiel Premier ministre cet été, l’homme de 66 ans aurait pu ne jamais connaître une telle évolution de carrière.

En effet, comme l’a appris Radio Classique, lorsqu’il était chez BNP Paribas, il a échappé à un attentat. Et non des moindres, puisqu’il s’agit de celui du 11 septembre 2001 à New York, jour où les tours jumelles du Word Trade Center se sont effondrées après avoir été percutées par deux avions kamikazes. À l’époque, le nouveau locataire de Bercy avait rendez-vous dans l’une des deux tours à 8h30 afin de signer une acquisition de banque américaine pour BNP Paribas, plus précisément la Keefe Bruyette, indique Le Parisien.

Un rendez-vous décalé d’une demi-heure qui change tout

Les locaux de la banque américaine se trouvent au 95e étage, et Éric Lombard avait d’ailleurs eu un premier rendez-vous la veille, le 10 septembre. Puis il raconte sur Radio Classique que son président a décalé le rendez-vous à 9h parce qu’il «accompagnait sa fille à l’école». Arrivé plus tôt sur place avec son équipe, l’ancien directeur de la Caisse des Dépôts se rend alors dans les locaux de la banque française situés en dehors de Wall Street, juste en face des tours. Et c’est de là qu’il va assister à la scène horrible et voir s’effondrer les Twin Towers.

«J’étais dans un énorme brouillard, j’ai mis jusqu’au soir à retrouver mes esprits, et encore ce n’était pas tout à fait le cas», a-t-il confié sur Radio Classique. Et de se rappeler : «J’ai eu l’impression d’être aspiré vers le sol. C’est un choc terrible. Car étaient concernés des gens qu’on avait vus la veille.» Selon Le Parisien, l’acquisition de la Keefe Bruyette ne se fera jamais, mais BNP Paribas va prêter ses locaux américains aux survivants. L’occasion pour Éric Lombard de se remémorer un moment «affreux» : «Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes et on a découvert qui avait survécu.»