Le scandale des laits infantiles contaminés prend une autre tournure. Vendredi 13 février, le pôle santé publique du parquet de Paris a pris la décision d’ouvrir cinq enquêtes qui visent chacune des groupes du secteur du lait infantile : Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins. Cette décision fait suite à de nombreuses plaintes à l’encontre de ces enseignes, selon RFI. Les enquêtes, ouvertes le 30 janvier dernier, devraient permettre de savoir si celles-ci auraient trompé leur clientèle sur la marchandise, si elles n’auraient pas exécuté une procédure de rappel de produit, ou encore si elles auraient violé une obligation de sécurité. Elles s’ajoutent aux procédures déjà en cours engagées par des parquets locaux, d’après Le Monde.

Avec ces enquêtes, chacun des groupes visés encourt entre un à sept ans d’emprisonnement et une amende pouvant s’élever jusqu’à 3 millions d’euros. Elles seront menées par la Brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire, une filiale du ministère de l’Agriculture, et par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, filiale de la Gendarmerie nationale. En parallèle, d’autres procédures d’investigation sont aussi ouvertes à Bordeaux, Toulouse, Angers et Blois, où des nourrissons sont décédés ou sont tombés gravement malades à la suite de la consommation de ces laits en poudre.

Un premier rappel en décembre 2025

En décembre 2025, un premier rappel de Nestlé de plusieurs dizaines de lots de laits infantiles dans environ soixante pays avait été mis en place, en raison de la présence trop importante de toxine céréulide dans les laits infantiles. Cette substance serait responsable des intoxications. Un mois plus tard, une nouvelle vague de retraits de laits en poudre s’est produite à travers le monde chez des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi chez des acteurs plus petits.

En France, trois enfants sont décédés et une quinzaine ont été hospitalisés après avoir consommé des laits infantiles. Pour l’heure, un lien n’a pas pu être établi et des analyses sont en cours, menées par l’institut belge de santé publique, en raison de capacités insuffisantes en France.