De nombreuses souffrances auraient pu être évitées. Cela fait maintenant plusieurs semaines que des questions se posent dans l’affaire des laits infantiles contaminés, et notamment celle de l’arrivée tardive des rappels produits. Des laits de Nestlé, Lactaire, Danone et Vitagermine ont été rappelés du 10 décembre 2025 au 27 janvier 2026. Pourtant, dans un entretien accordé au Monde, Nestlé confirme avoir été informé de la présence de la toxine céréulide dans un lot de lait de sa mangue Guigoz dès la fin du mois de novembre.

Le groupe suisse explique au journal avoir attendu les résultats d’une «analyse de risque de santé» avant de lancer sa campagne de rappel. La toxine a été identifiée dans des lots de lait aux Pays-Bas à l’occasion d’autocontrôles fin novembre. Mais les produits avaient déjà été envoyés vers la France et l’Italie pour commercialisation. Ce sont de nouvelles analyses, menées au début du mois de décembre, qui ont confirmé la présence de la toxine dans les laits. Mais les autorités néerlandaises n’ont été informées que le 9 décembre et il a fallu attendre le 10 décembre pour les pays importateurs, dont la France.

Était-ce à Nestlé de mener ces analyses ?

Ces délais ont de quoi interroger. Nestlé assure avoir retrouvé des traces de la toxine céréulide «en infime quantité» et avoir demandé une «analyse de risque de santé» avant de faire circuler l’information. Mais était-ce bien à Nestlé de mener ces analyses, et non aux autorités des pays concernés ? De plus, le groupe a également tardé à étendre son rappel à d’autres de ses marques. «Le groupe était au courant au moins depuis début décembre. Il est inexplicable que Nestlé ait tardé à rappeler des produits destinés aux bébés et choisi de divulguer l’information au compte-gouttes, près d’un mois après avoir eu connaissance de la contamination par la bactérie», dénonce l’association Foodwatch, qui a déposé plainte contre X avec huit familles victimes.