
Les déclarations de René Obermann ont de quoi inquiéter. Dans une interview accordée au journal allemand Handelsblatt, le président du conseil d'administration d'Airbus tire la sonnette d’alarme sur les risques d’une attaque russe imminente sur l’Otan. «Je suis convaincu que les pays de l'Otan sont beaucoup plus proches d'un conflit militaire avec la Russie que ne le pensent actuellement de nombreux responsables», affirme-t-il, comme le rapportent Les Echos ce mardi 25 mars.
Si les experts de la défense estiment généralement qu'une offensive de Moscou sur un pays membre de l'Otan pourrait intervenir à partir de 2029, René Obermann, lui, juge que «cela pourrait être nettement plus rapide». Si cette alerte n’est pas anodine, Airbus étant le deuxième groupe européen d'armement, le dirigeant allemand avance de nombreux éléments justifiant ce futur pessimiste. Il évoque ainsi la situation de l'Ukraine «de plus en plus précaire» alors que la Russie poursuit son offensive. En outre, une importante manœuvre de l’armée russe est prévue cette année en Biélorussie.
1,5 million de soldats prêts à passer à l’action
Surtout, Vladimir Poutine s'arme massivement et dispose de «1,5 million de soldats en état de passer à l'action». «L'armée russe a densifié les structures de commandement sur notre flanc est. Moscou prévoit de déployer des armes nucléaires tactiques et des missiles balistiques en Biélorussie, comme elle l'a fait à Kaliningrad», déclare René Obermann dans le journal allemand. Selon lui, «du point de vue du Kremlin, il ne me semble pas logique d'attendre que l'Europe se soit dotée d'une force de dissuasion».
«Poutine voit l'Otan s'affaiblir dans la durée, car la solidarité de Trump avec l'Europe vacille», souligne encore le président du groupe aéronautique. Et si l’Europe dépense plus par an que la Russie en matière de défense, René Obermann estime qu’il faut «tenir compte de la parité du pouvoir d'achat».
«Les Russes font fabriquer des produits beaucoup moins chers, notamment parce qu'ils n'achètent pas autant de systèmes différents que l'Europe. De ce fait, c'est à peu près comparable à ce que l'Europe veut dépenser à partir de maintenant», explique-t-il dans les colonnes du journal Handelsblatt.


















