«Je veux qu’on sorte du piège de l’assistanat». Invité de RTL ce jeudi 15 mai, Laurent Wauquiez – candidat à la présidence du parti Les Républicains et président du même groupe à l'Assemblée nationale -, persiste et signe. «Pour les gens aptes au travail, le RSA [revenu de solidarité active, NDLR] à vie, ce n’est pas la bonne manière de faire du social», a-t-il martelé face à Thomas Sotto. L’animateur rappelle d’ailleurs le montant de cette aide : 646,52 euros pour une personne seule. Ce «qui ne permet pas de bien vivre», estime-t-il. Face à ce constat, Laurent Wauquiez veut limiter la durée de versement du RSA à deux ans, pour contraindre les bénéficiaires aptes à travailler à occuper les «500 000 emplois non pourvus» en France.

Mais concrètement, qui sont ces allocataires que le Républicain souhaite voir retourner au travail sous deux ans ? Le dernier baromètre de Wizbii (plateforme de simulation d’aides sociales) dévoilé en avant-première à Capital nous donne quelques éléments de réponse. Avec plus d’un million de simulations réalisées cette année, l’outil permet de dresser le profil type du bénéficiaire du RSA : une personne sans emploi d’au moins 30 ans, résidant dans les Hauts-de-France et ayant au moins un enfant.

Un chômeur sur trois est éligible au RSA

Car selon l’enquête, les parents sont cinq à six fois plus susceptibles de toucher le RSA. Rien d’étonnant selon Sophie Lebel, responsable de la communication chez Wizbii, puisque «les plafonds de ressources du RSA tiennent compte de la composition de votre foyer. Plus vous avez d’enfants, plus vos dépenses augmentent, et donc plus vous êtes susceptible de recevoir cette aide». Un tiers des éligibles (35%) sont d’ailleurs chômeurs, ce qui là encore ne surprend pas la spécialiste. «Une personne en recherche d’emploi perçoit généralement moins de revenus qu’un actif en poste, d’où une plus grande éligibilité au RSA», surtout s’il a déjà épuisé ses droits à l’allocation de retour à l’emploi (ARE), note-t-elle.

Plus inattendu en revanche, «la part non négligeable de seniors éligibles au RSA», observe Sophie Lebel. Ainsi, 47% des plus de 50 ans ayant utilisé l’outil Wizbii étaient éligibles à cette aide, contre seulement 35% des moins de 29 ans. En cause, des faibles pensions de retraite qui ne permettent pas toujours de vivre dignement, et que le RSA vient partiellement compenser. Enfin, côté géographie, la région Hauts-de-France arrive en tête, avec 1 nordiste sur 5 éligible au RSA. A l’inverse de la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou les Pays de la Loire, avec des taux d’éligibilité compris entre 14 à 15%.