
Le journaliste Benjamin Duhamel a reçu, le dimanche 11 mai sur le plateau de son émission «C'est pas tous les jours dimanche» sur BFMTV, les députés Manuel Bompard et Laurent Wauquiez, respectivement LFI et LR. Parmi les diverses questions à l'ordre du jour figurait celle de l'âge de départ à la retraite. Et sur ce point – comme sur tous les autres, à vrai dire – les deux hommes ont affiché un désaccord certain, se livrant à des échanges parfois tendus.
«La proposition de LFI, c'est de revenir à la retraite à 60 ans et 40 annuités de cotisation. C'est pas une réforme, c'est une faillite !» attaque Laurent Wauquiez – qui, pour sa part, défend sans ambiguïté la retraite à 64 ans. Et d'enfoncer le clou : «Aucun pays au monde ne fait des propositions aussi délirantes». «Faux, lui répond Manuel Bompard, en Autriche, par exemple, la retraite à 60 ans existe, pour les femmes». «Vous, vous la proposez pour tout le monde !» insiste son interlocuteur.
«Vous n'êtes pas pour l'abrogation de la réforme» dénonce l'élu insoumis
«La France de 1981, ça vous dit quelque chose ? Vous n'êtes pas pour l'abrogation de la réforme des retraites ?» tente Manuel Bompard. Laurent Wauquiez élude et lance une nouvelle attaque : «Il y a une injustice qui n'a pas l'air de vous poser de problème : les régimes spéciaux, qui sont financés à coup de 8 milliards d'euros du budget de l'Etat, ça, ça ne vous gêne pas». «Mais ils ont été supprimés !» fait remarquer l'élu insoumis. «Pas du tout» rétorque le député républicain.
Sur ce point, Manuel Bompard marque un point : la réforme des retraites de 2023 a bien mis fin aux régimes spéciaux de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), des Industries électriques et gazières (IEG), des Clercs et employés de notaires (CRPCEN) et de la Banque de France. Seuls les nouveaux entrants dans le régime sont concernés par les effets de la réforme. Or, Laurent Wauquiez a lui aussi raison : certains régimes spéciaux perdurent, dont ceux de l'Opéra de Paris, la Comédie-Française, les marins, les avocats ou encore... les parlementaires !
6 Français sur 10 souhaitent revenir à la retraite à 62 ans
En avril 2025, une enquête réalisée par l'Ifop pour la CGT révélait que deux tiers des Français souhaitent la suppression de la réforme des retraites de 2023, qui a augmenté l'âge légal de départ en retraite pour le porter à 64 ans. Six Français sur 10 estiment qu'il faut revenir à 62 ans, 5 sur 10 sont pour le fixer à 60 ans. Cette abrogation est même souhaitée par près des trois quarts des salariés (73%). Des chiffres brandis par Manuel Bompard face à Laurent Wauquiez : «Une majorité des Français est pour abroger la réforme des retraites. Pas vous».
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