Syndicats et patronat se sont remis autour de la table. Mercredi 11 février, tous étaient réunis pour une nouvelle séance de négociations alors que le gouvernement leur a demandé de trouver 400 millions d’euros d’économies. Dans ce cadre justement, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a plaidé pour une dégressivité des allocations à l’ensemble des chômeurs. Interrogé par les sénateurs de la commission des Affaires économiques, le patron de la CPME a confié que les partenaires sociaux étaient sur le point de lancer «un petit fonds souverain» afin de financer l’économie française.

Alors que l’épargne des Français a atteint un nouveau record, à près de 6 500 milliards d’euros mi-2025, Amir Reza-Tofighi a indiqué que ce fonds serait lancé «la semaine prochaine» sans davantage donner de détails, explique BFM. Le patron de la CPME a évoqué ce «défi» qui leur est imposé, mais qui est également un «enjeu de l'élection de 2027», à savoir trouver «comment faire pour que l'épargne des Français soit fléchée vers l'économie française et que la France puisse avoir des fonds souverains».

Miser sur les fonds d’investissement existant déjà en France

Evoquant un sujet au cœur de l’actualité, comme le rachat de l’entreprise LMB Aerospace par une société américaine, Amir Reza-Tofighi a parlé d’«enjeu de souveraineté d'avoir des fonds souverains qui permettent à ces entreprises de rester françaises», ajoutant que ce n’était «pas le rôle des banques». «On voit aujourd'hui que, parfois, les entreprises françaises sont rachetées par des fonds souverains étrangers, parce qu'on n'a pas, nous, un pilotage de cette épargne pour financer l'économie locale, les ETI, les PME locales», a-t-il ajouté devant les sénateurs.

Pourtant il existe déjà en France des fonds d’investissement «permettant à des PME de devenir des ETI» et «qui accompagnent la croissance et les dirigeants», a souligné le patron de la CPME. Avant de terminer : «Il faut le faire savoir plus, et pousser les entreprises à ne pas hésiter à ouvrir leur capital à des fonds d'investissement français.»

Ces dernières semaines, plusieurs personnalités politiques, notamment du Rassemblement national et de La France insoumise, avaient critiqué le rachat de LMB Aerospace, forçant le patron de la PME corrézienne à sortir du silence. Démentant tout rôle stratégique sur le Rafale, il avait rappelé que sa société avait été «dix-sept ans américaine sur les quarante dernières années». Il remettait en cause également l’argument de la souveraineté française, arguant qu’il «n’y avait pas de dépendance de l’industrie de défense française à nos produits».