
Dévoilé début octobre par Michel Barnier, le livret d'épargne dédié à l’industrie avait pour ambition de mobiliser l’épargne des Français afin de soutenir les initiatives industrielles. Le Premier ministre souhaitait qu’une meilleure utilisation de l'épargne des Français puisse «soutenir la dynamique industrielle» du pays. Malgré ces intentions, la chute du gouvernement Barnier enterre ce projet avant même son lancement, rapporte Moneyvox le 5 novembre. Ce n’est pas une première : des initiatives similaires avaient été envisagées sous les présidences de François Hollande et Nicolas Sarkozy, mais elles avaient également échoué à se concrétiser.
Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, avait pourtant évoqué un lancement «dans les prochaines semaines», avec une mise en œuvre prévue pour début 2025. Cependant, le manque de précisions sur les contours du livret et l’absence d’un consensus politique ont contribué à son abandon. Contrairement au Livret A, qui finance le logement social, ou au LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), orienté vers la rénovation énergétique, ce nouveau livret ne devait pas être réglementé. Il aurait plutôt reposé sur des initiatives des banques pour inciter les épargnants à investir dans l’industrie.
D'autres initiatives similaires toujours bloquées
«Il faut donc que l'abondante épargne des Français et des européens soit mieux utilisée pour financer la croissance de nos entreprises industrielles», expliquait le ministère de l'Industrie fin octobre, tout en soulignant que «la mobilisation de l’épargne ne se décrète pas». Un travail de concertation avec les acteurs du secteur était encore en cours à la fin octobre.
À ce jour, d’autres initiatives d’épargne ciblée peinent également à se déployer. Le Plan d’épargne avenir climat, lancé en juillet pour les moins de 21 ans, n’est pas encore proposé par les établissements financiers. De plus, une proposition visant à flécher une partie des fonds du Livret A vers l’industrie de la défense, bien qu’approuvée au Sénat, n’a pas été examinée à l’Assemblée nationale avant la dissolution parlementaire.


















