Voilà bien la seule chose pour laquelle il nous faudrait – presque – remercier Vladimir Poutine… En lançant sa ruée de bottes aux portes de l’Union européenne, le va-t-en-guerre russe a en effet convaincu même les plus récalcitrants des dirigeants de la zone de rouvrir les vannes de la dépense publique. Soit pour augmenter leurs budgets militaires. Soit pour contrer les effets de la hausse des prix de l’énergie, et soutenir les secteurs exposés aux sanctions économiques, comme avec le "plan de résilience économique et social" d’Emmanuel Macron.

Rien ne devrait donc s’opposer au creusement de nouvelles dettes publiques, qui viendront s’ajouter à celles héritées de deux années de "quoi qu’il en coûte". Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la note est déjà sacrément salée : si l’Italie et la Grèce décrochent le bonnet d’âne de la zone euro, avec des taux d’endettement respectifs de 155 et 200% de leur richesse nationale, les 2.900 milliards d’euros de dette de la France lui font désormais afficher un ratio de 115% du PIB.

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Près du double, donc, de la limite stipulée sur le pacte de stabilité et de croissance (PSC), le texte reprenant les fameux critères de Maastricht. "On a d’abord franchi les 60%, puis les 100%, on a maintenant l’impression que la course peut continuer indéfiniment", soupire Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Epargne. Les prévisions du gouvernement, antérieures à l’éclatement du conflit ukrainien, n’étaient d’ailleurs pas à la franche embellie : après 8% du PIB en 2021, le déficit public devrait encore avoisiner 5% en 2022, bien au-dessus du second plafond inscrit au pacte de stabilité, de 3%. Et ce n’était qu’en 2027 que le découvert national devrait revenir sous ce dernier plafond, pour une dette qui avoisinerait encore, alors, les 115% ! Les petites mains de l’Agence France Trésor, chargées de placer notre dette sur les marchés financiers, ne sont donc pas près de chômer.

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