Un trottoir mal nivelé, un trou dans la chaussée ou un faux mouvement, et hop le tour est joué. Chaque année, des milliers de personnes sont victimes d’entorses à la cheville. Une blessure plutôt courante qui bien souvent n’est pas prise au sérieux, voire non prise en charge rapidement. Une habitude qui inquiète les autorités à tel point que la Haute autorité de santé (HAS) tire la sonnette d’alarme face à cette blessure trop souvent ignorée par les Français.

«L’entorse de cheville est souvent banalisée par une grande majorité de la population qui méconnaît les risques de récidive et d’instabilité chronique, en l’absence d’une prise en charge appropriée», s’est alarmée l’autorité sanitaire qui a actualisé ses recommandations remontant à 2006, rapporte 20 Minutes. Une problématique observée sur le terrain par le Dr Gérald Kierzek. «Soit les gens consultent pour rien aux urgences […] soit ils ne consultent pas alors qu’ils devraient», explique-t-il auprès de Doctissimo. Or, selon l’HAS, près de 40 % des personnes ayant subi un premier épisode d’entorse à la cheville présentent un risque de voir se développer par le futur une instabilité chronique.

L’HAS recommande de consulter dans les 24 heures

«Un nombre significatif de personnes vivent, dans les mois et années qui suivent l’épisode d’entorse, des symptômes persistants, notamment des symptômes résiduels d’instabilité, et des limitations d’activité telles que la pratique sportive et/ou les activités de la vie quotidienne», indique l’autorité. Ainsi, dès lors qu’une entorse donne lieu à des symptômes quelconques - douleurs, difficultés à bouger, œdème - dans les 24 heures, une consultation immédiate chez un médecin généraliste ou un kinésithérapeute doit être envisagée pour éviter toutes complications, précise l’autorité de santé. «Cette consultation vise à évaluer la nécessité de prévoir, ou non, une rééducation - particulièrement afin de prévenir les risques de récidive et d’instabilité chronique de la cheville - et à prodiguer des conseils à défaut de rééducation, le cas échéant», explique l’HAS.

Ainsi, dans le cas où une rééducation est nécessaire, celle-ci doit durer entre cinq et sept jours avant de donner lieu à une réévaluation de la situation. Ensuite, soit le patient est considéré comme apte à reprendre une activité normale, soit il est amené à poursuivre sa rééducation. À noter toutefois que l’HAS s’abstient de fixer un nombre standard de séances nécessaires en raison de l’individualisation de chaque cas. Une démarche saluée par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes qui appellent désormais à aller au bout de cette logique en généralisant l’accès direct aux professionnels «quels que soient leur lieu et leur mode d’exercice».