
10 000 praticiens exercent la médecine esthétique en France, dont 1 000 chirurgiens et 3 700 dermatologues, selon l’Ordre des médecins. Pour les sénateurs, ce secteur qui a généré près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, doit être plus encadré, alors que le gouvernement a déclaré la guerre aux déserts médicaux. Dimanche 23 novembre, le Sénat a adopté, avec le soutien de l'exécutif, un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en ce sens.
Lors de l’examen du budget de la Sécu à l’Assemblée nationale, les élus avaient déjà ajouté au texte de loi un amendement visant à soumettre la pratique de la médecine esthétique à une autorisation de l’Agence régionale de Santé (ARS), délivrée pour 5 ans renouvelables.
L’Ordre des médecins bientôt chargé de délivrer des autorisations de pratique de médecine esthétique ?
Au Sénat, les élus ont adopté un amendement déposé par la sénatrice Les Républicains Corinne Imbert, rapporteure d’une partie du texte. Il propose de donner la main à «l’ordre compétent» pour délivrer cette autorisation. L’Ordre des médecins sera donc chargé de donner son accord. Cette modification résulte d’échanges entre le gouvernement et le conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), a précisé Corinne Imbert.
Cet amendement visant à «mieux encadrer» la médecine esthétique «est une première pierre. Il va falloir en mettre d’autres», a précisé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. «Nous allons poursuivre les travaux puisque nous devons travailler sur la qualité, la sécurité, la formation et la régulation de cette médecine», a ajouté la ministre.
Botox, peeling, greffe de cheveux, détatouage… Toutes ces pratiques relèvent de la médecine esthétique qui se différencie de la chirurgie esthétique. L’amendement adopté dimanche prévoit aussi qu’un décret définisse des conditions en termes de «qualification initiale, de formation et d’expérience professionnelle requises pour la pratique de ces actes». Une durée d’exercice préalable en médecine curative pourra être requise, afin d’éviter que de jeunes médecins se tournent vers ce secteur dès la fin de leurs études.
L'objectif est de «lutter contre la fuite des médecins vers la médecine esthétique», a ajouté la sénatrice socialiste Annie Le Houérou. «Aucun registre officiel des médecins spécialisés dans les interventions esthétiques n’existe actuellement et cela mine le maillage territorial de notre système de soins», a poursuivi la sénatrice.




















