
Avec une hausse des arrêts de travail et des dépenses de médicaments, l’Etat est sous pression pour contenir les dépenses. Mais pour les professionnels de santé libéraux, ce sont toujours les mêmes qui paient les frais. Alors qu’ils attendaient enfin l'amélioration de leur rémunération – négociée avec l'Assurance Maladie – les médecins, dentistes ou encore kinés etc... accusent le coup : prévue pour entrer en vigueur dès le mois prochain, la revalorisation de certains actes médicaux est en effet reportée à janvier 2026. Car l'Etat a déclenché le mécanisme d’alerte sur les dépenses d’Assurance maladie, activé pour la première fois depuis 2007. Et ce dispositif, prévu par la loi, impose automatiquement le report d’éventuelles hausses de rémunération lorsque les dépenses de santé menacent de dépasser les objectifs fixés, rappellent Les Echos.
Cette décision, comme on s'en doute, passe mal chez les principaux concernés. «Les médecins libéraux sont les dindons de la farce !» fulmine le syndicat Avenir Spé, dénonçant une «trahison» des promesses du gouvernement. De leur côté, les Libéraux de Santé, qui rassemblent plusieurs syndicats, dénoncent une logique de rigueur «imposée aux seuls professionnels responsables de la continuité des soins» alors que «la puissance publique est incapable de se réformer elle-même». Ambiance...
Les kinésithérapeutes mettent en cause l'incurie de l'Etat
Les syndicats soulignent que ce gel des revalorisations touche des spécialités particulièrement en souffrance : pédiatrie, psychiatrie, gériatrie, gynécologie… Par exemple, certaines consultations pédiatriques devaient passer de 54 à 60 euros. «Le gel de ces revalorisations, négociées difficilement, touche particulièrement des spécialités qui étaient dans un besoin urgent de soutien», alerte Avenir Spé. Le syndicat demande d’urgence un rendez-vous avec le gouvernement.
Même colère chez les kinésithérapeutes, dont la rémunération devait également évoluer. «Cela fait très longtemps que la profession attend ces revalorisations», rappelle Guillaume Rall, du SNMKR. La consultation pour des pathologies courantes comme les entorses ou les lombalgies devait être majorée d’environ 1,30 euro. Le prix serait alors passé à près de 18 euros. Pour la FFMKR, c’est l'incurie budgétaire de l’Etat qui est en cause. Le syndicat promet de «mobiliser tous les leviers» pour défendre la profession.
Le timing est particulièrement mauvais
Cette annonce intervient alors même que l'exécutif tente de mobiliser les médecins pour lutter contre les déserts médicaux. C'est dire si le timing est particulièrement mauvais. Mais le gouvernement, qui a écarté l’idée de contraindre l’installation des praticiens, misait sur leur «solidarité». Pas sûr que cette stratégie fonctionne. «Si le gouvernement ne fait pas marche arrière, alors le conflit sera inévitable», préviennent les Libéraux de Santé, qui menacent de se retirer des négociations en cours, notamment sur les maisons de santé.
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