A 500 kilomètres d’altitude, le projectile catapulté à Mach 2 a pulvérisé un engin de la taille d’une limousine se déplaçant à 28 kilomètres par seconde. Cette performance de très haut vol, qui s'est soldée par la destruction d’un satellite soviétique mis au rancart, Cosmos-1408, a été officialisée le 15 novembre par le ministère russe de la Défense. La cible s’est fragmentée en quelque 1.500 morceaux qui dérivent désormais dans l’espace hors de contrôle, et s’ajoutent aux dizaines de milliers de débris que l’homme y a laissés depuis des décennies. «Un acte irresponsable», a hurlé le patron de la Nasa américaine, inquiet pour la Station spatiale internationale et ses sept astronautes (dont deux Russes !).

L’arme fatale, le missile balistique Nudol, est la pièce maîtresse d’un système de défense antimissiles censé protéger Moscou. Alors, pourquoi l’envoyer faire des dégâts sur les frontières célestes ? «C’est une façon de montrer ses muscles. Les Russes veulent juste rappeler ce dont ils sont capables», assure Pierre Lionnet, directeur de la recherche d’Eurospace, association européenne des entreprises du spatial.

On n’en est pas encore à la guerre des étoiles, mais la tension monte au-delà des limites de l’atmosphère terrestre. «L’espace est devenu un théâtre des opérations, au même titre que la terre, la mer, le ciel et le cyberspace», résume Thierry de Montbrial, président de l’Ifri (Institut français des relations internationales). Inquiétant, car, des télécommunications au GPS, en passant par les prévisions météo, le cosmos joue un rôle essentiel dans notre vie quotidienne et dans l’économie mondiale. Le problème, c’est qu’il est aussi devenu indispensable aux militaires : la flotte des satellites de défense qui surveillent les ennemis et guident les frappes ne cesse de s’étoffer.

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