
Le lancement de Lyynk a été accueilli par un véritable engouement avec « 100 000 jeunes inscrits dans les premières 24h », selon Guirchaume Abitbol. Aujourd’hui, la plateforme compte «près de 300 000 utilisateurs, dont 98% sont des jeunes» précise-t–il. Cette adhésion fulgurante s’explique notamment par la légitimité de sa fille Miel aux yeux de ses pairs. «J'ai toujours partagé ouvertement et librement mon parcours et ma santé mentale sur les réseaux sociaux. J'ai recueilli beaucoup de témoignages et je me suis rendu compte que je n'étais pas seule et qu'il y avait vraiment beaucoup de jeunes qui vivaient ce genre de choses», explique-t-elle. Cette expérience personnelle joue un rôle central dans la manière dont l’outil est perçu. «On a voulu construire un espace qui fonctionne comme un sas entre leur mal-être et les solutions», ajoute Miel. Pour son père, la démarche est claire, «c’est un outil fait par des jeunes, pour des jeunes. Ce n’est pas un outil fait par des adultes et donné aux jeunes».
Concrètement, Lyynk permet aux jeunes de suivre leur état émotionnel grâce à un calendrier et un journal intime, où ils peuvent s’exprimer par écrit, audio, image ou vidéo. L’application propose un kit de secours pour les moments difficiles, ainsi que des contenus adaptés à leurs besoins (vidéos, articles, outils pratiques). Les jeunes peuvent également inviter un adulte de confiance à accéder à une partie de leur espace, favorisant un dialogue sans intrusion. L’application agit comme un pont entre générations, tout en restant un espace personnel, sécurisé et gratuit pour les jeunes.
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Objectif : renouer le dialogue avec les adultes
L’équipe part du constat que les jeunes appréhendent beaucoup leurs échanges avec les adultes, estimant qu’ils ne cherchent pas à les comprendre. Guirchaume Abitbol remarque que la souffrance psychologique des jeunes est en partie liée à une «incompréhension totale entre deux mondes». C’est ce décalage que Lyynk veut atténuer. «La majorité des jeunes n’a même pas envie d’essayer de se faire comprendre par les adultes. Ils pensent que ça ne sert à rien», poursuit-il. Pour Miel aussi, ce fossé générationnel est profond. «Aujourd’hui, dans la société, il y a très peu d’espace pour la parole des jeunes», juge-t-elle.
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Au-delà du soutien aux jeunes, Lyynk cherche également à restaurer le dialogue entre générations. «On essaie de donner des clés aux parents, pour qu’ils puissent créer des ponts avec leurs enfants», explique Guirchaume Abitbol. Mais cette ouverture s’est faite progressivement. «On commence maintenant à impliquer les parents. On ne pouvait pas commencer par là. Il fallait d’abord qu’on soit sûrs que les jeunes soient bien là», précise-t-il. Enfin, d’après l’équipe de Lyynk, l’intégration des parents dans la plateforme se fait en amenant le parent dans l’outil numérique utilisé par les jeunes. Une manière de parler le même langage, via les mêmes canaux, sans confrontation directe.



















