C’est une autre conséquence indirecte de la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée par Emmanuel Macron. Les 30 juin et 7 juillet prochains, de nouvelles élections législatives vont être organisées dans le pays. Une campagne express pour les différents candidats et toute une organisation à revoir pour les maires, explique BFMTV. Car la plupart du temps, dans les communes, ce sont les salles des fêtes qui font office de bureaux de vote. Problème, ces élections n’étaient pas du tout prévues et de nombreuses associations ou des particuliers avaient réservé les lieux pour des fêtes, anniversaires ou mariages.

Certains édiles ont décidé de délocaliser leurs bureaux de vote. C’est le cas de Jérôme Field, maire de La Roche-Clermault (Indre-et-Loire) : «La salle des fêtes était réservée depuis quatre mois, je ne me voyais pas leur dire qu'ils ne l'avaient plus», explique-t-il sur BFMTV. Il a décidé de privilégier le «lien social» et les événements familiaux. Dans ce cas, il s’agit d’un couple qui fête ses 60 ans de mariage. Pour lui, il «n'était pas envisageable d'annuler la réservation». Président de l'Association des maires ruraux d'Indre-et-Loire, il a décidé de déplacer le bureau de vote dans l’école communale, juste une question d’organisation selon lui puisqu’elle est située à seulement 50 mètres.

Des préfectures demandent de ne pas délocaliser les bureaux de vote

Mais tous n’ont pas eu cette chance. Les 6 et 7 juillet, le président de l’association Mucovie (Pyrénées-Orientales), qui vient en aide aux malades atteints de mucoviscidose, avait prévu une grande fête. Mais le second tour des législatives chamboule tout. Pourtant, «tout était prêt. Les bénévoles, le DJ, les artistes, les techniciens, même les lots à gagner au rifle.» Résultat, il faut tout revoir de A à Z, retrouver une date, etc. Même si le maire était, semble-t-il, «très embêté», il n’a rien pu faire.

En parallèle, des particuliers sont aussi concernés. Dans les Ardennes, à Charleville-Mézières, une jeune femme a appris à «18 jours (de son) mariage» que la salle des fêtes réservée depuis un an et demi était réquisitionnée. Finalement, la mairie va l’appeler le lendemain pour lui annoncer qu’il s’agissait d’une «erreur» et que la fête ne serait pas annulée, résume BFMTV. D’autres édiles n’ont guère eu le choix d’annoncer à des administrés l’annulation de leur événement. C’est le cas de Raphaël Brun, maire de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme), qui a reçu pour consigne de la préfecture de ne pas délocaliser les bureaux de vote «en raison des délais contraints».

Enfin, dans certaines communes, on a préféré sauver les mariages ou les baptêmes au détriment des événements associatifs. Mais cela a quand même des conséquences pour celles qui ont engagé des frais sur des événements ou qui ont vendu des places pour des spectacles. Interrogée par nos confrères, Delphine Lefevre, la présidente du Comité de loisir associatif de Busigny (Nord), a appris dans un premier temps que la salle communale était réquisitionnée, avant que le maire ne rétropédale. Heureusement, confie-t-elle, car «si le spectacle n'avait pas pu avoir lieu, je fermais l'association.» Un vote qui touche les Français, à tous les niveaux !