C'est une information révélée par BFMTV le 22 avril dans la soirée : le Parlement européen demanderait au Rassemblement national (RN) le remboursement de 3,5 millions d’euros d’argent public détourné dans l’affaire des assistants parlementaires du parti. Cette requête fait suite à la condamnation de Marine Le Pen à 4 ans d'emprisonnement (dont 2 ferme aménagés sous bracelet) et à 5 ans d'inéligibilité, le 31 mars. 23 autres personnes ont été condamnées, tout comme le parti lui-même. Ce dernier s’est vu infliger 2 millions d’euros d’amende.

En plus de ces amendes, la restitution des sommes concernées serait donc demandée par le Parlement. Le préjudice total était de 4,5 millions, mais le RN a déjà versé un million d'euros lors de la procédure. La somme restante est composée du remboursement des sommes détournées (3,2 millions), de la réparation du préjudice moral (200 000 euros) et des frais de justice (80 000 euros). Le Parisien, de son côté, a sollicité l'institution européenne, qui lui a répondu : «Les fonds dont il est question ici sont de l’argent public européen et, en ce sens, les citoyens européens et les contribuables français sont tout autant victimes dans cette affaire que ne l’est le Parlement».

Environ 15 millions d'euros d'aide publique après le score du parti aux législatives

L'avocat du Parlement a adressé des courriers à ceux des parties civiles pour officialiser cette demande de remboursement. Marine Le Pen et le RN ont fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris, mais en raison de l'exécution provisoire prononcée, le Parlement a le droit de réclamer cette somme sans devoir attendre l'issue du procès en appel. Celui-ci pourrait avoir lieu dans un peu plus d'un an. Le président du RN, Jordan Bardella, dénonçait, après la condamnation prononcée en première instance, une «mise à mort financière du parti». Mais le RN a des réserves : grâce au score qu'il a réalisé aux élections législatives de 2024, le parti touchera 15 millions d'euros d'aide publique annuelle.