
« Nous exigeons une transparence sur le prix de ce médicament, et des médicaments en général.» Dans un communiqué, l’UFC-Que Choisir dénonce le prix des traitements en France. Sa présidente, Marie-Amandine Stevenin prend l’exemple du Keytruda, un médicament utilisé par 90 000 patients, pour étayer son propos. D'après les calculs de l'association de consommateurs, il reviendrait à 70 000 euros par an et par personne. Or, «des analyses indépendantes estiment qu’un prix équitable du Keytruda pourrait se situer entre 52 et 885 €, très loin des montants facturés à l’Assurance maladie», relève-t-elle. Une question se pose alors à ses yeux : «Dès lors, que payons-nous réellement ?»
Cette interrogation est débattue en haut lieu. Et pour cause, les industriels avancent une valeur thérapeutique élevée de ces nouveaux traitements. Une justification un peu courte pour l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS croit plutôt que les coûts «reflètent surtout la propension maximale à payer des systèmes de santé». L’UFC-Que Choisir avance également que «ces tarifs astronomiques traduisent également une histoire financière». Dans le détail, elle liste : «des rachats et fusions-acquisitions menés à coups de dizaines de milliards de dollars, multiplications et prolongations des brevets et spéculations destinées à garantir des retours sur investissement pour des acteurs privés».
Des délocalisations vers l’Asie
L’association affirme donc que les patients paient deux fois. D’abord, ils financent, par l’impôt, la recherche fondamentale. Ensuite, en achetant leur traitement, ils rémunèrent «en plus les opérations financières attachées à ces innovations». Or, l’argent public qui sert à financer ces médicaments ne sert pas à autre chose. En 2023, les médicaments remboursables représentent 36,5 milliards d’euros. C’est pourquoi l’État demande toujours plus d’économies sur les génériques et les biosimilaires. Et les conséquences sont lourdes. D’après l’UFC-Que Choisir, elles entraînent une désindustrialisation et des délocalisations vers l’Asie.
Fort de ces constats, l'association de consommateurs demande une «transparence totale sur les prix réels, les essais cliniques et les brevets», ainsi qu’une «négociation totale sur les prix réels, les essais cliniques et les brevets». En outre, elle appelle de ses vœux une «évaluation indépendante et rigoureuse de la réelle valeur thérapeutique des médicaments».


















