Comment voyez-vous évoluer l’inflation et quels sont les produits les plus impactés ?

Michel-Edouard Leclerc, président des centres E.Leclerc : Plus personne ne conteste que l’inflation est de retour. Tout le fond de rayon des magasins est concerné. Les repères des consommateurs vont être sans nul doute brouillés. J’ai commencé à alerter sur les hausses à venir dès le mois de novembre. A l’époque, les partenaires de notre association européenne Coopernic, comme le néerlandais Ahold Delhaize qui fait 60% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, ou Rewe en Allemagne, nous disaient que cela flambait déjà très fort dans ces pays. A contre-courant, les économistes institutionnels ou encore Christine Lagarde parlaient d’inflation limitée, non durable. Pourtant, même si le blocage des prix de l’énergie va limiter l’envol de l’indice des prix en France, l’inflation sera sans doute au printemps à 4% (contre 5,5% en Allemagne).

Combien de produits sont concernés dans la grande distribution?

Si on avait accepté toutes les demandes des industriels, on aurait eu un impact d’environ 6% de hausses sur 50% de nos offres alimentaire et non alimentaire. Ces demandes de hausses auraient représenté une ponction de 1,6 milliard d’euros qu’il aurait fallu qu’on répercute au consommateur.

Mission impossible, d’autant que notre capacité de compensation (en baissant nos marges) a été limitée avec la loi Egalim 1. Nous sommes limités par le seuil de revente à perte qui, comme vous le savez, a été relevé (Ndlr: il impose que le prix au détail dans l’alimentaire soit au moins 10% au-dessus de son prix d’achat effectif). Nous avons donc dû âprement négocier, en privilégiant les produits agricoles français et en exigeant plus de transparence.

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