Faut-il moins de fonctionnaires dans le pays ? Le débat a déjà été soulevé, mais peu de partis ou d’organisations se positionnent clairement sur le sujet. Le patronat a proposé fin août une réduction d’1,5 million du nombre de fonctionnaires, et Bruno Retailleau a également évoqué cette piste. Dans le cadre du budget 2026 et de la maîtrise des dépenses, le gouvernement souhaite un effort de «rationalisation» dans les opérateurs et agences de l’État. Mais le maire de Cannes, aussi président de l’Association des maires de France (AMF), va plus loin.

Interrogé sur LCI, David Lisnard souhaite tout simplement une réduction de 12% du nombre de fonctionnaires à l'échelle nationale. «Il faut des agents à qui on donne du sens des missions, qui soient mieux rémunérés, qui aient de vrais moyens de travail et qu’on réduise les fonctions administrantes», a-t-il déclaré mardi 21 octobre. Le maire Nouvelle Energie de Cannes a rappelé que la France était confrontée à une situation gordienne où «le pays dépense plus qu’ailleurs pour le service public, où les services publics se délitent et où les gens sont moins bien payés qu’ailleurs».

Moins de fonctionnaires, mais davantage de pouvoir d’achat ?

David Lisnard a insisté sur le fait qu’en réduisant les fonctions administrantes, cela permettra d’avoir «plus de soignants, des professeurs mieux considérés, mieux formés, plus de magistrats, plus de gardiens de prison». Et donc, selon le maire de Cannes, «pour qu'il y ait moins de bureaucrates, il faut qu'il y ait moins de bureaucratie, donc il faut déréglementer». Selon lui, cette mesure a fonctionné dans sa ville des Alpes-Maritimes et cela peut fonctionner à l’échelle du pays.

Citant de Gaulle ou Poincaré, David Lisnard a martelé que la France «a su le faire dans le passé». Supprimer des fonctionnaires est ainsi «l’intérêt du service public» afin de «recréer des flux» et «relancer le moteur de la production». Il a ajouté sur LCI : «Ce n’est pas une fin en soi, c’est une modalité pour relancer et retrouver du pouvoir d’achat.»

Le maire Nouvelle Energie de Cannes s’en est pris à un autre dispositif du budget 2026 qu’il juge «complètement débile» : les titres-restaurant. Et d’argumenter : «On donne des titres aux agents en les faisant gérer par des boîtes privées (…) C’est une niche fiscale gérée par le privé», a-t-il déploré. «On est un pays tellement fou de sa bureaucratie, qu’on crée un impôt sur la défiscalisation du titre-restaurant.»