
«Un tiers des agences et des opérateurs» de l’Etat «qui ne sont pas des universités» seront «fusionnés ou supprimés», a promis dimanche la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, prolongeant «la refondation de l’action publique» que François Bayrou a appelée de ses vœux mi-avril. «C’est 2 à 3 milliards d’économies à la clé», a-t-elle affirmé sur CNews/Europe 1, avec notamment «moins d’emplois publics».
Ces fusions et suppressions, qui devront encore être votées dans le cadre du budget 2026, dégageront progressivement des économies «à moyen terme», a précisé le cabinet de la ministre à l’AFP. «L’Etat (…) va faire du ménage dans notre organisation, parce que les Français le demandent», a justifié Amélie de Montchalin. «On a un devoir (…) de supprimer ce qui est inutile ou qui aujourd’hui coûte trop cher.»
77 milliards d’euros de financements publics
La ministre n’a pas spécifié quels agences et opérateurs allaient être concernés, si ce n’est qu’ils n’incluent pas les universités. «Je serai auditionnée» par une commission du Sénat sur ce sujet «mi-mai, je ferai des annonces à ce moment-là», a ajouté Amélie de Montchalin. Plusieurs agences étaient dans le collimateur du gouvernement et de la droite en début d’année, notamment l’Agence bio, l’Ademe, l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Commission nationale du débat public (CNDP).
Dans le projet de loi de finances pour 2025 étaient inscrits 434 opérateurs de l’Etat, bénéficiant de 77 milliards d’euros de financements publics. Entre 2010 et 2020, le nombre d’opérateurs avait déjà diminué d’un quart, «en grande partie sous l’effet de regroupements», rappelait en 2021 la Cour des comptes.
Ne pas faire «dans la casse sociale»
La ministre a avancé «qu’aujourd’hui, on a 180 000 personnes qui travaillent dans les agences et les opérateurs, plus que de gendarmes dans le pays.» «Ces 180 000 personnes ont toutes un métier, une mission (et) notre rôle, c’est de considérer que (…) les choses ne sont pas immuables», a-t-elle ajouté. Interrogée sur la façon dont se feraient les suppressions d’emplois publics, Amélie de Montchalin a précisé : «vous avez des gens qui partent à la retraite, vous avez des gens que vous pouvez mettre ensemble, on a plein de moyens sans faire dans la casse sociale.»
Dimanche, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est dite «dubitative et inquiète» après l’annonce de la ministre, déplorant qu’elle ait été faite «sans concertation». En 2024, le déficit public s’est creusé à 5,8% du PIB. Le gouvernement espère le ramener à 5,4% cette année, puis 4,6% en 2026.
La Cour des comptes relativise
«L’Etat fait des efforts aujourd’hui» et «reprend le contrôle sur sa masse salariale», a promis Amélie de Montchalin. «Ma responsabilité, c’est de rappeler à chaque acteur public "il n’y a pas d’argent public, (…) il n’y a que l’argent des Français".» Début avril, le ministre de la Fonction publique Laurent Marcangeli avait affirmé que le gouvernement était «défavorable par principe» à la suppression d’agences ou d’opérateurs.
En février, le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici avait jugé «mythique de penser que ces agences sont toutes inutiles» : «il y en a beaucoup à réformer, beaucoup à préserver, mais sans doute très peu à supprimer.»


















