Une posture claire. Le ministre de l’Aménagement du territoire, François Rebsamen, avait suggéré la mise en place d’une «contribution modeste» pour les collectivités. Le Premier ministre François Bayrou et le ministre de l’Économie Éric Lombard ont affirmé ne pas y être favorables. Un constat partagé par David Lisnard, président des maires de France, qui ne souhaite pas que de nouveaux impôts soient levés sur le dos des collectivités. «Trop d’impôt tue l’impôt, et on arrive à un moment où trop d’impôt tue le contribuable», a-t-il déclaré, dans un entretien accordé au Parisien.

«Il est impensable de proposer des fiscalités en plus. Nous avons déjà le record du monde des prélèvements obligatoires, impôts et charges !», a martelé le maire de Cannes, qui affirme que «très souvent on confond économies et recettes. Quand on parle d’économies, ça signifie généralement pour l’exécutif des prélèvements supplémentaires». Selon lui, cette idée est également partagée par les Français. «Il y a de plus en plus un refus citoyen face à l’impôt, et c’est logique. Particulièrement quand 10 % des contribuables paient aujourd’hui 72 % de l’impôt en France», précise David Lisnard.

Vers une baisse de la dépense publique ?

Le président des maires de France milite donc pour une réduction significative de la dépense publique. «On a supprimé les responsabilités locales, on a éloigné l’habitant de la dépense, ce système ne fonctionne plus», explique-t-il. Mais David Lisnard ne comprend pas pourquoi François Bayrou souhaite trouver 40 milliards d’économies en augmentant les dépenses. «À chaque jour sa norme coûteuse en plus», regrette-t-il. «En France, tout le monde doit participer à les baisser, mais je rappelle que ces dépenses sont surtout le fait des dépenses sociales, de l’État, puis des collectivités», déplore le maire de Cannes. Le gouvernement va donc devoir trouver d’autres solutions…