
Ils sont en première ligne et redoutent, à tout moment, une intrusion sur leur territoire. Pourtant, les Lituaniens sont membres de l’Union européenne et de l’OTAN depuis 2004. S’ils ne sont pas frontaliers de la Russie, c’est tout comme. Seulement séparée du territoire russe par la Biélorussie ou la Lettonie, la Lituanie ne cesse de déceler des drones dans son ciel en provenance du front russe. Ce fut le cas par exemple le 28 juillet dernier, lorsqu’un drone de type Gerbera s’est écrasé sur une zone militaire, rappelle Le Parisien. S’il sert d’ordinaire à détourner l’attention de la défense aérienne ukrainienne, il transportait des explosifs.
En Lituanie, on est encore loin d’une invasion. Toutefois, les habitants et le gouvernement prennent les devants. A ce jour, il existerait 6 453 abris antibombes dans le pays, pouvant accueillir 1,5 million de personnes, «soit environ 54% de la population du pays», a précisé le gouvernement au mois de juin. Comment cela se présente-t-il ? Sous de nombreux immeubles, les sous-sols ont été transformés en abris afin «de se protéger en cas de bombardements et de la guerre, pendant au moins quelques jours», avait expliqué à l’AFP un administrateur d’un immeuble dans la capitale Vilnius.
Des millions alloués à la modernisation des abris
Se préparer au pire est dans toutes les têtes et cela montre que le pays est prêt à affronter une attaque. Sauf qu’en réalité, si ces abris antibombes sont nombreux, ils seraient loin d’être efficaces. Beaucoup ont été construits à la hâte et seraient fragiles, et surtout, ils sont petits. C’est pour cette raison, indique Le Parisien, qu’à Vilnius, on a décidé de moderniser 32 de ces abris afin qu’ils soient prêts à être utilisés dans les douze heures suivant une attaque.
Pour les moderniser, plusieurs dizaines de millions d’euros ont été alloués par le ministre de l’Intérieur, et ce même si le gouvernement ne veut pas entrer dans une logique totalement belliqueuse. C’est dans ce contexte qu’il est désormais demandé aux propriétaires d’immeubles de prévoir systématiquement des abris antibombes, tout comme d’ailleurs dans les bâtiments publics. Selon le représentant des pompiers et des secours lituaniens, ce genre de pratique en matière de défense civile est appliqué «depuis des décennies» par des pays comme la Suisse ou la Finlande.
Un plan d’évacuation déjà prêt à Vilnius
Au printemps, la capitale Vilnius avait déjà révélé un plan d’évacuation en 48 heures en cas d’invasion russe. Si le maire ne voulait pas «provoquer de panique», il souhaitait un plan permettant de «coordonner les institutions, savoir qui est responsable de quoi, et faire confiance (à nos) forces de défense». Evidemment, en Lituanie, tout le monde espère que ce plan ne sera jamais activé. Mais comme l’avait répété le maire : «L’ennemi est historiquement venu de l’est.»




















