
Si Michel Barnier a préféré se retirer de Matignon à peine trois mois après avoir été nommé par Emmanuel Macron, il n’en demeure pas moins une figure active de la politique française. Et le député de la IIe circonscription de Paris porte un regard assez critique sur un de ses successeurs, à savoir Sébastien Lecornu. Car si le budget 2026 a été adopté, il est loin d’être parfait, a déploré sur LCI le 8 février l’ancien Premier ministre : «On ne préserve pas, on ne prépare pas l’avenir.»
D’après Michel Barnier, ce texte «reporte sur les futures générations les difficultés, les impôts, les dettes et ce n’est pas bien», et de dénoncer «un budget d’inspiration socialiste». Pourtant, Sébastien Lecornu a remercié les députés Les Républicains (dont il fait partie) de ne pas avoir voté la censure ces dernières semaines. Sur le plateau de LCI, Michel Barnier reconnaît s’être «posé des questions de cohérence». Pourquoi ? Car le budget qu’il avait proposé lorsqu’il était en poste «réduisait d’un point le déficit», ce qui n’est pas le cas actuellement, selon lui.
Un accord «raisonnable», mais «pas glorieux»
Pour l’ancien Premier ministre, il n’est «pas normal de reporter 3 200 milliards de dettes, près de 165 milliards d’intérêts d’emprunt chaque année sur les générations futures» et actuellement, «l’effort n’est pas suffisant». Il explique donc pourquoi il a quand même voté ce budget 2026, du moins ne s’y est pas opposé. «Il a fallu choisir entre la logique de ne pas voter ce budget et la raison. Tellement de secteurs ont besoin d’un budget (agriculture, défense).»
Cette sorte de blanc-seing était donc avant tout «raisonnable», mais «pas glorieux». Revenant sur les discussions avec le Parti socialiste, Michel Barnier considère que «c’est une chose de discuter», mais «c’en est une autre de céder au chantage». Il reconnaît au passage que Sébastien Lecornu «a fait ce qu’il pouvait», toutefois, «il aurait fallu borner davantage les discussions avec le Parti socialiste. Les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui sont des impôts pour demain», a-t-il martelé.




















