Si Ouigo aime mettre en avant ses billets à petits prix, la réalité est un peu plus nuancée. Ce mardi 6 et mercredi 7 janvier, l’opérateur low-cost de la SNCF a proposé 300 000 billets à 19 euros grâce à des tarifs «gelés». Une opération séduisante qui masque toutefois une politique tarifaire bien moins connue des voyageurs. Selon la nouvelle grille de prix entrée en vigueur le 2 janvier, le prix d’un billet Ouigo peut désormais grimper jusqu’à 119 euros, un record pour la marque, rapporte Le Parisien. Jusqu’ici, le plafond était fixé à 99 ou 109 euros pour les trajets de plus de quatre heures.

Ce nouveau prix peut s’appliquer à 76 liaisons, notamment entre Paris et Toulon, Sète ou Bayonne, ou encore entre Lille et Avignon. Ouigo assure toutefois qu’il s’agit de situations très limitées. Cela concerne uniquement des trains de «super pointe, lors des jours de très forte demande, les départs en vacances en février ou en été, ou encore pendant la période des ponts de mai», explique à nos confrères le directeur d’Ouigo Jérôme Laffon.

Un tarif record limité à dix trains seulement

D’ici début juillet, seulement dix trains seraient concernés par ce tarif maximal de 119 euros, sur les 22 000 circulations annuelles de l’opérateur. Concrètement, ces prix élevés apparaissent surtout sur des dates très prisées, précise Le Parisien. Le dimanche 22 février, au début des vacances d’hiver en Ile-de-France, un Ouigo reliant Paris à la vallée de la Tarentaise en Savoie affiche ainsi un tarif de 119 euros, quel que soit l’arrêt après Albertville. Une situation d’autant plus surprenante que, le même jour, des billets TGV Inoui sont parfois proposés moins cher sur SNCF Connect, notamment pour les détenteurs d’une carte de réduction.

Cette apparente anomalie s’explique par le yield management, un système de tarification dynamique basé sur l’offre et la demande. «Les trains Inoui sur ce trajet et à cette date ne sont pas encore complets et leurs tarifs vont continuer à augmenter à mesure qu’on se rapproche de la date de départ avec un prix maximum plus élevé que 119 euros», indique Jérôme Laffon, rappelant que, sur l’année, les billets Ouigo restent en moyenne 30% moins chers que les Inoui.

Pour les associations d’usagers, cette évolution illustre néanmoins une dérive du modèle low-cost. Selon la FNAUT, le prix moyen d’un billet Ouigo est passé de 19,80 euros en 2017 à 34,20 euros en 2023, soit une hausse de 73%, quand celui des TGV classiques n’a progressé que marginalement. Un paradoxe pour une offre censée rester la plus abordable du rail français.