Retour vers le futur. À l’instar de l’année passée, l’amoxicilline pourrait bien venir à manquer à l’hiver 2024, rapporte BFMTV, le 26 septembre 2024. Interrogé par la chaîne d’information en continu, Jean-Christophe Nogrette, le secrétaire adjoint du syndicat des médecins généralistes, MG France, assure que pas une journée ne se passe «sans un appel d'un pharmacien qui ne dispose pas de ce qu'on a prescrit». Pire encore, le médicament utilisé dans le cadre d’infections pourrait ne pas être le seul à être guetté par la pénurie.

Le manque d’amoxicilline va très vite se faire remarquer alors que la température devrait baisser dans les prochaines semaines. Le changement météorologique sera accompagné des premiers petits virus d’automne et d’hiver. Au programme : angine, pneumonie et autre sinusite. L’amoxicilline étant un médicament dit de «premier recours», il va falloir s’adapter. D’autant que le traitement vient à manquer aussi bien en sirop que dans ses formats poudre et gélule. Le manque est le produit de deux problèmes concomitants. La production est bien trop faible pour répondre à une demande toujours plus importante. En effet, en 2022, les autorités sanitaires ont révélé que la consommation d’antibiotiques s’établissait à 700 prescriptions pour 1 000 habitants.

Un plan hivernal déployé par l’ANSM

Contacté par BFMTV, Romain Basmaci, chef de service à l'AP-HP et secrétaire général de la Société Française de pédiatrie, s’émeut de la situation : «Malheureusement, depuis des années, les ruptures sont fréquentes pour beaucoup de médicaments.» Assurant être préoccupé, il n’a pas pu donner plus d’informations à propos d’une potentielle pénurie à venir au cœur de la saison hivernale. Alors que la crainte est bien présente, une récente nouvelle assombrit un peu plus les espoirs de ne pas être confronté au manque. Un lot d’amoxicilline a ainsi été rappelé.

Pour autant, Philippe Besset, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, se veut rassurant. Bien qu’i n’exclut pas de pénurie pour l’hiver, il assure qu’il «y a un filet d'eau continu au robinet, on va dire». Au micro de BFMTV, il affirme que «des mesures ont été prises, notamment au niveau de la distribution, pour que l'ensemble des pharmacies soient approvisionnées par des grossistes répartiteurs». En outre, l'Agence de sécurité du médicament (ANSM) a d’ores et déjà préparé son plan hivernal qui permettra d’anticiper et de limiter «les tensions sur certains médicaments majeurs de l’hiver».