La patience de Justine et Marc atteint ses limites. Parents d’une petite fille de 8 mois, prénommée Clara, ils n’en peuvent plus du système D. “On a fait toutes les pharmacies autour de chez nous et du travail, impossible d’avoir du Doliprane pour enfants. La poussée des dents a bien commencé, elle souffre et on se sent impuissant”, soupire la mère de 34 ans, experte-comptable à Paris. “A priori, ça devrait aller mieux en mars mais je reste sceptique. Ça pourrait recommencer plus tard…”, redoute le père, 36 ans et agent immobilier dans les Hauts-de-Seine.

Marc a raison de se méfier. Car la hausse soudaine de la demande d’antibiotiques et de paracétamol n’est que la partie émergée de l’iceberg. Si les pharmaciens d’officine assurent aux patients que les chaînes de production seront adaptées aux besoins d’ici au printemps, la France n’est pas à l’abri de nouvelles vagues de pénuries. La faute, notamment, à “des années de politique d’austérité”, pointe le syndicat des entreprises du médicament (Leem).

Certes, les épidémies concomitantes de bronchiolite, grippe et Covid-19 n’ont pas facilité la tâche. “Les pics épidémiques ont été au-delà des prévisions qu’on aurait pu faire de la manière la plus pertinente possible”, considère Emmanuel Schoffler, dirigeant du réseau de pharmacies Aprium. Après une baisse de la demande de certains médicaments en plein cœur de la crise sanitaire, les usines ont raté le coche, faute d’avoir une vision claire des besoins après la fin des restrictions sanitaires et le retour à une vie plus normale. Mais “c’est l’arbre qui cache la forêt”, prévient Eric Baseilhac, directeur des affaires économiques et internationales du Leem.

L’accès aux médicaments anciens menacé

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