C’est un cap historique qui a été franchi. La France a enregistré 651.200 décès contre seulement 650.400 naissances, entre juin 2024 et mai 2025, selon Les Échos. Un solde naturel négatif donc, chose inédite depuis la Seconde Guerre mondiale. «C’est un signe inquiétant car cela marque un point de retournement démographique», alerte François Geerolf, économiste à l’OFCE, sur X. Face à ce tournant, d’autres experts incitent à patienter, en rappelant qu’il faut encore attendre la fin de l’année 2025 afin de pouvoir, ou non, confirmer une tendance.

Pourtant, jusqu’ici, les projections de l’INED avaient annoncé qu’une inversion du solde naturel serait plus probable à partir de 2027. Ce basculement démographique a donc lieu plus vite que prévu. Si, pour 2025, les démographes avaient pourtant projeté une stabilité du taux de fécondité, avec 1,62 enfant par femme, le niveau observé en 2024, la baisse continue des naissances et la hausse des décès pourraient bien être la cause de cette rupture démographique.

Un déclin démographique déjà amorcé

Cette inversion s’inscrit dans le long terme. «Le solde naturel ne fait que diminuer depuis 2015», rappelle Chloé Tavan, responsable des études démographiques à l’Insee. Déjà en mai dernier, le solde naturel était négatif. Par ailleurs, sur les cinq premiers mois de 2025, les naissances reculent de 4%, par rapport à la même période l’année dernière. «La principale surprise, c’est la persistance de la baisse et son ampleur», observe-t-elle. Et dans cette même période, les décès sont en augmentation de 3%. Cette année, les premiers baby-boomers atteignent les 80 ans.

Face à cette situation, la ministre de la Santé et des Familles, Catherine Vautrin, est inquiète. «La question n’est pas «est-ce que la bascule va se produire ?» mais «quand ?»», a-t-elle déclaré en juin. Et à l’Élysée aussi, le sujet est pris très au sérieux. Vendredi dernier, Emmanuel Macron s’est entretenu avec des démographes, des économistes et des sociologues pour comprendre les causes et les conséquences du phénomène en France. En 2024, il avait déjà parlé de «réarmement démographique», une expression qui n’était pas passée inaperçue. Depuis, plusieurs autres annonces ont été faites. Un plan contre l’infertilité, la création d’un registre de naissances, l’adaptation du complément de libre choix du mode de garde… Mais d’autres mesures promises par le Président ne se concrétisent pas pour le moment, comme le congé de naissance, qui est prévu dans le budget 2026. Plus court que le congé parental, il sera «mieux rémunéré», selon la ministre dans L’Express.