Et si l’Union européenne prenait un virage protectionniste ? C’est en tout cas ce que plaide la présidente de la Commission européenne. Lundi 9 février, elle s’est dite favorable à une «préférence européenne» obligatoire pour les entreprises bénéficiant de fonds publics dans les secteurs stratégiques. Dans un courrier adressé aux dirigeants des vingt-sept États membres de l’UE, elle écrit que «L'Europe doit être capable de défendre ses intérêts stratégiques et de soutenir activement» sa propre base de production, et «la préférence européenne est un outil nécessaire pour contribuer à cet objectif».

Un sommet des dirigeants de l’Union sur la compétitivité doit d’ailleurs se tenir jeudi 12 février en Belgique. Il y sera notamment question du soutien à l’économie européenne et à sa production. La Commission européenne doit d’ailleurs présenter, le 25 février, un projet de loi visant à instaurer la préférence européenne dans certains secteurs. Mais les vingt-sept ne sont pas tous d’accord.

La France pour, mais l’Allemagne craint des conséquences sur son industrie

La France et l’Allemagne sont d’ailleurs opposées sur la question. À l’ouest du Rhin, on considère que cette préférence européenne serait un atout pour la filière de batteries de voitures électriques. La concurrence est rude, notamment avec la Chine, dans ce domaine. Le haut-commissaire au Plan souhaite d’ailleurs imposer des droits de douane de 30% à la Chine pour concurrencer ses prix bas. Mais l’Allemagne ne voit pas le projet du même œil. En effet, son industrie automobile dépend de ces prix bas pour rester compétitive.