La France est esseulée à l’heure actuelle, mais elle semble assumer ses choix alors que la mobilisation agricole se poursuit. Jeudi, le ministre du Commerce extérieur affirmait qu’il était «hors de question que de voter pour» le traité UE-Mercosur alors que sa signature est prévue ce vendredi 9 janvier. Dans la foulée, Emmanuel Macron le rejetait également «en l’état», et ce, malgré les «avancées incontestables» de la Commission européenne. Avec la France, seule l’Irlande semble s’y opposer à ce stade. Mais ce vendredi matin, le ministre délégué chargé de l’Europe assume la position française.

Invité de la matinale de TF1, Benjamin Haddad a réaffirmé que, «fidèle à sa tradition agricole, la protection de ses intérêts agricoles et à sa souveraineté alimentaire, la France dira 'non' au Mercosur». Le ministre a également confirmé s’être mobilisé avec ses partenaires afin «d’entamer un bras de fer avec la Commission européenne pour protéger nos agriculteurs». Surtout, il a assuré que sans le travail du gouvernement, on aurait pu assister à «un passage en force sans clause de sauvegarde».

Un traité resté «dans les années 1990»

Selon Benjamin Haddad, sans les réclamations de la France, il n’y aurait pas eu «de réciprocité sur les normes, une PAC amputée de 20% et des prix des engrais qui (auraient) augmenté». Autant «d’avancées» obtenues en quelques semaines, s’est-il félicité. Mais plus globalement, Benjamin Haddad a voulu mettre en avant «une question plus profonde sur la politique commerciale de l’Union européenne». Evoquant un «accord un peu d'un autre âge», il ne serait plus adapté aujourd’hui.

«C’est un accord qui a commencé à être négocié dans les années 1990, avec des raisonnements des années 1990, qui doit s’appliquer à la situation de 2026», a-t-il critiqué au micro de TF1. «On porte une vision pour l’Europe qui sait s’ouvrir au monde, mais qui sait se projeter, sait imposer de la réciprocité et de la loyauté dans les échanges», a-t-il poursuivi.

Plaidoyer pour une Europe souveraine

Le ministre délégué chargé de l’Europe s’est surtout mué en porte-parole d’une Europe souveraine, qui doit pouvoir imposer sa vision des choses. Mentionnant la surtaxe sur les véhicules électriques importés de Chine, Benjamin Haddad a rappelé que l’Europe savait «protéger son industrie». Et de conclure : «On fait le made in Europe plutôt que d’importer des surcapacités subventionnées qui vient de Chine et on a défendu l’Europe souveraine qui sait protéger ses intérêts et assumer sa puissance.»