Un grand-père construisant une voiture en bois, un vieil homme soufflant seul ses bougies… Ces clichés, bien que faux, sont conçus pour attirer l’attention et générer un maximum d’interactions. Franceinfo, dans une enquête publiée le 12 mars 2025, révèle comment ces contenus exploitent l’émotion et la crédulité des internautes, notamment des seniors. Une fois ces pages devenues populaires grâce aux partages et réactions, elles sont revendues à des cybercriminels cherchant à cibler un public moins méfiant.

Ces faux comptes, aussi appelés «boomer traps», servent à attirer des escrocs qui repèrent les personnes les plus actives dans les commentaires. «Ils savent que ces pages attirent des gens peu familiers avec l’informatique, donc plus vulnérables», explique à franceinfo Victor Baissait, spécialiste des réseaux sociaux. Un simple commentaire sous une image peut amener un senior à recevoir une demande d’ami suspecte. L’objectif des arnaqueurs est d’établir un lien de confiance avant de tenter d'arnaquer leur victime, comme l’a vécu Nicole, 82 ans, qui a été contactée par un inconnu après avoir liké une image.

Un marché noir bien organisé

Ces pages aux milliers d’abonnés sont ensuite revendues et transformées en outils de manipulation de masse. Une fois rebaptisées, elles servent à promouvoir des produits miracles, des arnaques financières ou de fausses collectes de fonds. «Ces pages permettent d’éviter les étapes classiques de recrutement d’abonnés et de crédibilité», souligne Victor Baissait. Les escrocs n’ont alors plus qu’à changer leur contenu pour en faire un moyen de tromper des milliers d’utilisateurs.

Pour se protéger, les experts en cybersécurité recommandent plusieurs précautions :

• Vérifier l’origine des images avec une recherche inversée.

• Ignorer les demandes d’amis suspectes après un commentaire.

• Ne pas cliquer sur des liens envoyés en privé.

• Se méfier des pages qui ne publient que du contenu émotionnel.

• Signaler les faux comptes et arnaques sur Facebook, Instagram et X.