
Pour lutter contre la fraude aux arrêts maladie, les enquêteurs infiltrent les réseaux de trafic en ligne. Des enquêteurs judiciaires ont ainsi été répartis dans six pôles interrégionaux présents dans les caisses primaires d’Assurance maladie, notamment à Paris, Lille et Marseille, rapporte Actu.fr. Au total, 60 agents recherchent les arnaqueurs et tentent de comprendre leurs méthodes. Pour mener leurs investigations, ils utilisent des pseudonymes et rentrent en contact avec les escrocs.
Cette nouvelle unité sera pleinement opérationnelle courant 2025 et priorise pour le moment les dossiers les plus brûlants, dont, notamment, les préjudices qui dépassent les 100 000 euros. Pourquoi ce dispositif a-t-il été lancé ? En 2024, les faux arrêts de travail détectés représentent 628 millions d’euros, un montant record en hausse de 35% par rapport à 2023, pointe un rapport de la CNAM. La plupart des arnaques proviennent de professionnels de santé qui facturent des actes non réalisés, précise le site internet.
«Du grand banditisme»
De nombreuses fraudes sont organisées sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées et la plupart des faussaires vendent des faux arrêts de travail ou des ordonnances falsifiées pour obtenir des médicaments coûtant plusieurs milliers d’euros. Interrogée par l’AFP, la responsable du PIEJ de Paris indique que certains réseaux «s’apparentent à du grand banditisme».
Pour un client, il suffit de rentrer en contact avec un individu proposant ces services et de payer, le plus souvent via PayPal, des montants oscillant entre 10 et 50 euros. En récoltant les données sur des plateformes comme Snapchat ou Telegram, les enquêteurs tentent d’identifier des individus pour les confronter à la justice. Ils doivent alors vérifier les ordonnances, le comportement des prescripteurs ou encore celui des assurés.



















