
Le conflit entre la compagnie irlandaise Ryanair et le gouvernement espagnol prend une nouvelle tournure. Après avoir écopé d’une amende de 107 millions d’euros pour des pratiques jugées abusives, la compagnie aérienne low cost a lancé une campagne publicitaire visant directement le ministre espagnol de la Consommation Pablo Bustinduy, qu’elle caricature en clown.
«Ryanair exige du ministre qu’il annule ses amendes illégales», écrit la compagnie dans un communiqué, accompagné d’une photo du PDG Michael O’Leary posant devant une affiche grandeur nature du ministre affublé d’un nez rouge et d’une perruque multicolore. L’image est également utilisée sur les réseaux sociaux pour promouvoir une offre spéciale incitant les voyageurs à «réserver à prix fou (avant qu’un clown n’augmente les prix)».
Une riposte à l’amende infligée à Ryanair
Le conflit entre Ryanair et l’Espagne a éclaté après que le gouvernement a infligé 179 millions d’euros d’amendes à cinq compagnies aériennes, dont 107 millions pour Ryanair, en raison de frais supplémentaires appliqués aux bagages à main.
Michael O’Leary ne décolère pas et accuse le gouvernement espagnol de s’opposer aux règles européennes sur la tarification aérienne. «Les amendes violent clairement la législation de l’UE (…) qui empêche que des politiciens naïfs tentent d’interférer sur les prix des compagnies aériennes», a-t-il dénoncé.
Le ministre espagnol réagit
Déjà en janvier, le patron de Ryanair avait qualifié Pablo Bustinduy de “communiste fou” lors d’une conférence de presse à Bruxelles. En outre, il conteste les redevances aéroportuaires jugées excessives imposées par Aena, le gestionnaire espagnol des aéroports, qui ont conduit la compagnie à réduire de 800.000 sièges ses vols vers l’Espagne d’ici l’été.
Interrogé après le Conseil des ministres, Pablo Bustinduy a défendu son action en affirmant que son ministère appliquait la loi avec «rigueur», s’appuyant sur un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2014. «Mon obligation est de défendre les droits des consommateurs espagnols. C’est ce que j’ai fait et c’est ce que je vais continuer à faire avec une détermination totale», a-t-il martelé, avant d’ajouter qu’«aucune campagne de pression ni aucune insulte» ne le ferait «reculer dans cette tâche».
















